22/06/2022

Bilan de fin de mandat : quatre années de travail intense!

Il y a très bientôt quatre ans que je me suis vu confier la présidence du Conseil supérieur de l’éducation. À travers ces années, j’ai pu connaître davantage et surtout reconnaître la qualité de cet organisme qui promeut depuis presque 60 ans les principes d’équité, de diversité et d’inclusion auxquels j’adhère entièrement. À l’aube de ma « réelle » retraite, j’aimerais témoigner des réalisations que nous avons pu accomplir grâce au travail exceptionnel d’une équipe de marque et grâce aussi au travail bénévole des quelque 110 membres du Conseil et de ses instances.

À mon arrivée, j’ai eu pour mandat de procurer une vision renouvelée du Conseil, d’accentuer la présence de l’organisme en enseignement supérieur et de renforcer la visibilité du Conseil. Avec une équipe exceptionnelle dont on ne peut passer la valeur sous silence, nous avons entrepris d’intensifier les liens avec les décideurs du milieu et les instances gouvernementales afin d’apporter un éclairage plus juste et d’influencer les décisions liées au système éducatif. J’ai ainsi accompli au-delà de 200 entretiens ou présentations au Québec et à l’étranger et accordé plus de 40 entrevues dans différents médias. La portée de notre message s’est également traduite par une diversification des productions du Conseil : 62 publications du Conseil ont ainsi été réalisées et diffusées depuis mon arrivée. À l’interne, nous avons augmenté l’effectif, celui-ci étant passé de 24 à 34 employés en quatre ans, et nous avons entièrement revu l’organisation du travail tout en nous adaptant à deux ans de télétravail. Le Conseil s’est finalement doté d’une nouvelle image et d’une charte graphique, son site Web a subi une refonte complète et il s’est ouvert aux médias sociaux en décembre 2019 en créant des comptes sur les plateformes Facebook, Twitter, LinkedIn et YouTube. Depuis l’ouverture de ces comptes, le Conseil connaît une croissance exponentielle sur les médias sociaux: en date du 1er juin, nous comptions plus de 6000 abonnés.

Je suis particulièrement heureuse d’avoir facilité la création de deux nouveaux comités au sein du Conseil : le Comité interordres de la relève étudiante (CIRÉ) et le Comité ad hoc sur l’éducation autochtone (CEA). Déjà quelques représentantes et représentants étudiants faisaient partie de certaines instances du Conseil, mais il importait pour moi de solliciter davantage le point de vue de la relève étudiante. En créant le CIRÉ, nous nous sommes vite aperçus que nous avions fait naître des besoins auprès des autres instances du Conseil : le CIRÉ est désormais régulièrement consulté par chacune d’entre elles. En moins de deux ans, le CIRÉ a représenté la voix étudiante dans plusieurs grands chantiers au Québec dont celui sur l’université du futur et celui sur la réussite éducative à l’enseignement supérieur; il s’implique aussi dans des colloques, bref, il permet de faire entendre la voix de la relève au sein du Conseil. Le CEA, quant à lui, vient tout juste de voir le jour. Il est composé des membres autochtones faisant déjà partie du Conseil ou de ses instances et de membres du Conseil qui ont travaillé auprès des Premiers Peuples. L’un de ses mandats consiste à organiser une rencontre qui réunira tous nos comités et commissions à une réunion annuelle dont le thème sera l’éducation vue et vécue par les autochtones. Je souhaite longue vie à ce comité dont l’apport au Conseil s’inscrit dans les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation (2015) et celles de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (2019).

Le Conseil a également renforcé sa visibilité par la création ou le renforcement de partenariats au Québec et à l’étranger. Plusieurs ont été formés avec les Fonds de recherche du Québec, plus particulièrement le Fonds de recherche du Québec-Société et culture (FRQSC), qui finance les projets de recherche en éducation. Nous avons accentué notre partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde, créé un partenariat avec Savoir média pour la présentation de la série Comprendre pour apprendre, collaboré avec l’Acfas pour la tenue de colloques, mais aussi, conjointement avec le FRQSC, dans la création du Prix Acfas Jeanne-Lapointe, qui reconnaît la place de l’éducation dans les sciences. À l’étranger, nous avons consolidé notre lien avec l’European Network of Education Councils, et en avons formé de nouveaux avec l’UNESCO et l’Organisation universitaire interaméricaine. Pour finir, nous avons signé une entente de collaboration avec le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique du Maroc, et des initiatives communes ont vu le jour : partenariats Maroc-ENAP, Maroc-UQAM et colloques bilatéraux, notamment dans le cadre de la Francophonie.

Au cours de ces quatre années, j’ai pu constater l’engagement sans faille du personnel alors que toutes et tous ont fait preuve d’une mobilisation et d’une créativité sans commune mesure dans un contexte de télétravail. La qualité de la recherche qui s’y fait est remarquable et c’est pour cette raison que nous avons relancé la série Études et recherches, qui permet autant de voir l’évolution des travaux des instances que de partager le fruit des productions de recherche de la permanence. Je dois aussi souligner la générosité des membres bénévoles à la Table du Conseil, mais aussi au sein de chaque comité et de chaque commission, qui contribuent grandement à enrichir la pensée du Conseil. À titre d’exemple, avec la pandémie, le Conseil avait le souci de rester en contact avec les gens sur le terrain; nous avons donc mis sur pied des cellules‑Conseil avec les membres de nos commissions au cours desquelles des rencontres, effectuées sur l’heure du midi et au fil de leurs nombreuses activités, nous ont permis de savoir ce qui se passait dans les différentes régions du Québec, et ce, à tous les ordres d’enseignement.

Pour finir, je dois mentionner à quel point le fonctionnement du Conseil constitue un modèle à émuler au sein de la fonction publique. Le processus de recherche, les consultations auprès des membres et des personnes-ressources sur le terrain ainsi que les délibérations au sein des instances mènent à la production de documents uniques qui reflètent l’expérience du Québec. Ce fut un privilège pour moi de terminer ma carrière au Conseil supérieur de l’éducation, un organisme qui représente indubitablement un modèle de fonctionnement démocratique.

Bonne continuation!


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