05/05/2020

De la maternelle à l’université : les transitions à l’ère de la COVID-19

Toutes les personnes qui fréquentent un établissement d’enseignement voient la fin de leur année scolaire bouleversée par la crise sanitaire que nous traversons. Pour celles qui accéderont à un nouvel ordre d’enseignement l’an prochain, cette situation inhabituelle implique de nombreux défis. Comment s’assurer de répondre à leurs besoins et de faciliter leur intégration? Les pistes de solution proposées par le Conseil dans plusieurs avis trouvent un nouvel écho aujourd’hui.

Les particularités des transitions varient d’un ordre d’enseignement à un autre. Leur réussite dépasse la capacité de l’individu à s’adapter à un nouvel environnement et à de nouvelles exigences. En première année, l’enfant passe d’un apprentissage ludique à des modalités encadrées, axées sur l’enseignement disciplinaire. Il peut ressentir un choc si cette transition n’est pas adéquatement préparée. Le secondaire, quant à lui, marque l’entrée dans l’adolescence et demande à l’élève de s’adapter à plusieurs enseignantes et enseignants, à un nouvel horaire, à de nouvelles amitiés, etc. C’est une période pendant laquelle les jeunes peuvent ressentir davantage d’anxiété de performance ou d’isolement, où le risque de décrochage augmente. Dans ces moments charnières, les établissements d’enseignement jouent un rôle-clé pour assurer la continuité de l’expérience éducative. Ils doivent miser sur la collaboration des parents, de la communauté et de l’ensemble du personnel scolaire.

La première session au collégial étant décisive pour la suite du parcours, les mesures d’accueil y seront plus essentielles que jamais à la prochaine rentrée. Des efforts accrus devront être consacrés pour assurer l’intégration des étudiantes et des étudiants, qui auront notamment été privés des activités qu’ils préparent de longue date pour marquer la fin de leur secondaire. Les multiples perturbations pourraient susciter plusieurs remises en question chez les personnes qui passeront du collégial à l’université. Veiller à la flexibilité des parcours académiques permettra des changements d’orientation ou des retours en arrière. À ce propos, le Conseil réitère sa recommandation de 2019, prônant le maintien et l’amélioration des services d’information, de conseil et d’orientation offerts par les établissements universitaires.

À la fois aboutissements et commencements, les transitions scolaires sont des moments charnières. En dépit du stress qu’elles peuvent causer, elles représentent une occasion de croissance : pour les individus qui s’adaptent au système et pour le système qui s’adapte à eux. Malgré la situation inédite que nous connaissons, la collaboration, l’arrimage des pratiques pédagogiques, le soutien parental, la flexibilité, l’intégration et l’orientation demeurent les clés pour réussir  toutes ces transitions.

Pour aller plus loin, consultez nos avis :

– Le bien-être de l’enfant au primaire : faisons nos devoirs (À paraître en juin 2020)

– Les réussites, les enjeux et les défis en matière de formation universitaire au Québec (2019)

– Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge préscolaire, une triple question d’accès, de qualité et de continuité des services (2012)

– Regards renouvelés sur la transition entre le secondaire et le collégial (2010)

– Une école secondaire qui s’adapte aux besoins des jeunes pour soutenir leur réussite (2009)


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