07/07/2020

Les stagiaires universitaires : trouver l’équilibre entre la formation et l’urgence de la situation

La formation à distance a été la principale solution déployée par les universités québécoises pour répondre aux exigences sanitaires imposées par la COVID-19. Toutefois, un pan de l’enseignement s’y prête moins aisément que les autres : les activités de formation pratique, souvent désignées par le terme stages.

Le contexte actuel laisse présager que certains stages sont compromis, qu’on envisage de les remplacer par une formation théorique ou encore d’en diminuer le nombre d’heures. Quel en sera l’impact sur la qualité des formations universitaires? Certains éléments de réponse sont donnés par le Conseil supérieur de l’éducation dans son avis Les réussites, les enjeux et les défis en matière de formation universitaire au Québec, publié en décembre 2019.

Selon les données du MEES, près de 5 000 stages universitaires ont été offerts en 2017-2018, touchant plus de 87 000 étudiantes et étudiants. Tous s’entendent sur leurs bénéfices : les étudiantes et étudiants, les universités ainsi que l’État, qui élabore différentes mesures pour les encourager.

Toujours en 2017-2018, 64 % des stages universitaires ont été réalisés par des femmes. Cette proportion s’explique notamment par la prévalence des stages en éducation, en santé et en services sociaux, domaines majoritairement féminins.

Le Conseil souligne que les stages dans ces domaines, comme tous ceux des formations menant à l’exercice d’une profession réglementée, comportent des exigences strictes : nombre d’heures, type de milieu, nature des tâches à accomplir, profil de la superviseure ou du superviseur, type de supervision… De plus, on observait déjà une saturation du nombre de places disponibles avant la pandémie, notamment dans les régions où plusieurs établissements d’enseignement convoitent les mêmes milieux de stage.

Bref, la marge de manœuvre était déjà mince avant que la COVID-19 ne frappe, bouleversant le fonctionnement des réseaux. Réorganisés, sollicités de toutes parts, ils ont pu accueillir moins de stagiaires au cours de la session d’hiver 2020. Pourtant, parallèlement, plusieurs milieux ont fait appel aux étudiantes et étudiants pour prêter main-forte.

La situation est donc paradoxale : plusieurs stagiaires sont déjà à l’œuvre dans leurs futurs milieux professionnels, où les besoins sont criants, au moment même où les heures de stage nécessaires à la complétion de leur formation sont compromises.

Comment s’assurer que les étudiantes et étudiants terminent leur formation dans les temps, avec tous les acquis nécessaires, et puissent intégrer le marché du travail qui les attend avec impatience? Et si le contexte forçait les formations à s’allonger, comment éviter d’exacerber la pénurie de places en stages, ou d’altérer la qualité des milieux de stages? À cet égard, le Conseil rappelle sa préoccupation concernant l’arrimage des actrices et acteurs impliqués dans la réalisation des stages. La situation actuelle demande une collaboration accrue et une flexibilité partagée.

Les stages, composante valorisée des programmes d’études universitaires, posent donc plus que jamais un défi aux universités québécoises ainsi qu’aux réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux. Une situation que le Conseil continuera d’observer attentivement dans les mois à venir!


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