04/08/2020

Prévenir l’abandon des études universitaires aux cycles supérieurs

La pandémie actuelle bouleverse la vie des étudiantes et étudiants universitaires et chamboule nombre de projets d’études. Aux cycles supérieurs, la situation est complexifiée par le report de plusieurs stages, par les difficultés d’accès aux installations universitaires, notamment aux laboratoires où se déroulent les travaux de recherche, ainsi que par l’incertitude touchant dorénavant les perspectives d’emploi. Un contexte qui fait craindre que certaines personnes remettent en question la poursuite de leur maîtrise ou de leur doctorat. Le Conseil supérieur de l’éducation s’inquiète de cette perspective, qui aurait de fâcheuses conséquences pour la population étudiante ainsi que pour l’ensemble de la société québécoise.

En 2010, le Conseil publiait l’avis Pour une vision actualisée des formations universitaires aux cycles supérieurs, lequel exprimait la « conviction que les formations aux cycles supérieurs entraînent des bénéfices individuels et collectifs qui émanent aussi bien des activités de recherche et de création que des professionnels, des chercheurs et des créateurs de haut niveau », générant des retombées sociales, économiques, scientifiques et culturelles.

Le Conseil tirait alors la sonnette d’alarme à propos de la persévérance aux cycles supérieurs, alors que près de la moitié de la population étudiante inscrite au doctorat n’obtenait pas son diplôme. Une situation qu’on expliquait notamment par la précarité. L’incertitude détourne temps et énergie du projet d’études, ce qui est susceptible d’allonger la formation, voire d’en provoquer l’abandon.  En 2019, dans l’avis Les réussites, les enjeux et les défis en matière de formation universitaire au Québec, le Conseil indiquait que le taux d’obtention du doctorat était passé à 60 % après 8 ans. On constate donc une certaine amélioration, mais elle pourrait être considérablement fragilisée par les circonstances actuelles.

Les facteurs personnels et familiaux ne sont pas à négliger, notamment la conciliation études-famille. La fermeture des services de garde et des écoles a probablement incité plusieurs étudiants, mais surtout des étudiantes, à mettre leurs activités universitaires en veilleuse pour prendre soin de leurs enfants. Ce qui aura vraisemblablement des conséquences sur les carrières d’une certaine proportion d’entre elles, considérant la recherche qui n’aura pas été menée, les articles qui n’auront pas été écrits et le financement dont elles ne pourront se prévaloir pour leurs projets, faute d’avoir pu présenter une demande.

Alors que la rentrée universitaire aura lieu à distance, au moins en partie, et dans un contexte où même des conditions de réussite de base comme l’accès à une connexion internet de qualité ne sont pas garanties, il y a tout lieu de rappeler l’importance d’appuyer les étudiantes et étudiants universitaires de deuxième et troisième cycles dans leur projet d’études. Dès 2010, le Conseil soulignait que leur réussite passe notamment par des conditions de formation, d’encadrement et de soutien financier dont la qualité concourt à la persévérance et à l’accomplissement d’un projet de formation dans un délai raisonnable. Ces considérations sont plus déterminantes que jamais dans le contexte actuel.


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