23/06/2020

L’impact de la COVID sur les étudiantes et étudiants internationaux

Le 26 mai dernier, les étudiantes et étudiants internationaux inscrits dans un collège ou une université au Québec ont appris qu’ils pourraient débuter ou poursuivre leur formation à distance, dans l’éventualité où il leur serait impossible d’être présents pour la rentrée d’automne 2020.

Cette situation préoccupe le Conseil supérieur de l’éducation, qui a souvent rappelé l’importance des étudiantes et étudiants internationaux dans l’enseignement supérieur québécois. En effet, si la pandémie compromet leur projet d’études au Québec, la vivacité culturelle et intellectuelle des collèges et universités serait menacée, comme seraient fragilisées leur offre de formation et leurs finances. Sans compter l’impact sur les communautés d’accueil, ainsi que sur cette population étudiante, qui pourrait se retrouver dans l’incertitude quant à son avenir.

Dans un tel contexte, il est crucial de déployer l’accompagnement nécessaire et un ensemble de mesures d’accueil pour que les étudiantes et étudiants internationaux se sentent intégrés dans leur milieu lors de la rentrée collégiale et universitaire, virtuelle ou présentielle, de l’automne 2020.

Comme en font foi deux avis récents du Conseil, parus en 2019, cette population étudiante a augmenté au cours des deux dernières décennies. Les collèges après 50 ans : regard historique et perspectives indique qu’au collégial, ils sont passés de 2158 à 6152 entre 2006 et 2016. Les réussites, les enjeux et les défis en matière de formation universitaire au Québec mentionne que l’on comptait 45 000 d’entre eux dans les universités à l’automne 2018, une proportion de 14,6%, alors qu’ils représentaient moins de 6% de l’effectif en 2001.

Le Conseil rappelle également que leur importance n’est pas que quantitative. Dès 2005, l’avis L’internationalisation : nourrir le dynamisme des universités québécoises énumérait les bénéfices suivants : enrichissement des programmes, internationalisation des curriculums, participation à la recherche, formation de main-d’œuvre qualifiée et création d’un réseau d’ambassadeurs contribuant au rayonnement des universités québécoises à l’étranger et au développement des partenariats internationaux. Une richesse et une diversité dont les établissements et la société québécoise ne peuvent se priver.

En 2013, dans l’avis Un monde de possibilités : l’internationalisation des formations collégiales, le Conseil se montrait particulièrement sensible au fait que les étudiantes et étudiants internationaux permettent le maintien d’une offre de programmes variée dans les régions touchées par un déclin démographique. En outre, la dynamique éducative est vivifiée au contact de la diversité culturelle, et on constate des retombées sociales et économiques positives dans les régions où ces personnes vivent, travaillent et sont plus susceptibles de demeurer une fois diplômées.

Les étudiantes et étudiants internationaux ont vu se complexifier leurs déplacements ainsi que leurs conditions de séjour en sol québécois en raison de la pandémie. Si la situation forçait leur rentrée à distance cet automne, les établissements devront redoubler d’efforts, notamment en termes de soutien et d’accompagnement, pour maintenir cette population dans leurs programmes et contrer l’incertitude quant à leur projet d’études au Québec. Le Conseil appelle tous les acteurs de l’enseignement supérieur à travailler de concert, afin de conserver nos précieux acquis en termes de recrutement et d’accueil des étudiantes et étudiants internationaux.


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