14/07/2020

La fracture numérique comme obstacle à la formation générale des adultes et à la francisation durant la pandémie de COVID-19

La formation à distance s’est imposée pour assurer la distanciation physique nécessaire au contrôle de la pandémie de COVID-19. Elle pose toutefois de nombreux défis. Y avoir accès requiert une connexion rapide à l’Internet ainsi que du matériel informatique adéquat, mais surtout des connaissances et des compétences suffisantes pour utiliser ce matériel à des fins éducatives.

Même si une forte proportion des ménages québécois remplit ces conditions, de nombreuses  personnes vulnérables se retrouvent du mauvais côté de la « fracture numérique », dépourvues d’accès aux technologies de communication alors que ces dernières deviennent incontournables. En cette période de pandémie, il s’agit d’un obstacle important pour les adultes inscrits dans les programmes de formation générale et de francisation.

Le Conseil avait noté dès 2013, dans son avis Un engagement collectif pour maintenir et rehausser les compétences en littératie des adultes, la faible littératie numérique d’une grande partie de la population et particulièrement des apprenantes et apprenants adultes. Le Conseil recommandait alors d’inclure dans une politique d’éducation des adultes et de formation continue renouvelée la mise en place d’un environnement favorisant l’utilisation de l’ordinateur afin de rehausser les compétences numériques. Cette difficulté des apprenantes et apprenants adultes à s’engager dans l’univers numérique, qui représente un frein à l’emploi et à la pleine participation citoyenne, est toujours présente en 2020. Dans les circonstances actuelles, elle nuit à la poursuite des études et représente un risque de décrochage accru pour un groupe déjà plus à risque d’interrompre ses études avant la diplomation.

Le manque de ressources informatiques ainsi que la faible littératie numérique sont particulièrement critiques pour les adultes inscrits en francisation. Dans un contexte d’interruption des cours en présentiel pendant plusieurs mois, ces obstacles peuvent en effet s’ajouter à une connaissance insuffisante du français pour utiliser les services de formation à distance disponibles, lesquels permettent de maintenir les acquis. Pour les personnes débutantes en francisation ainsi que pour celles qui sont faiblement scolarisées, même une conversation téléphonique peut s’avérer impossible, sans parler d’un cours à distance. Comme l’explique un document d’étude et de recherche publié par le Conseil, les cours de francisation constituent une clé pour l’intégration au marché du travail, la poursuite des études et la participation sociale. L’interruption de formation causée par la COVID-19 ajoute un obstacle à la réalisation du projet d’immigration des nouveaux arrivants et à leur inclusion dans la société québécoise.

Le Conseil réitère donc l’importance de réduire la fracture numérique qui compromet l’éducation et la pleine participation sociale des personnes les plus vulnérables. Dans le contexte actuel, elle limite leurs moyens de composer avec la pandémie. L’accès aux ressources technologiques ne suffit pas ; il est essentiel d’intégrer davantage le développement de compétences relatives à la littératie numérique dans les programmes d’éducation destinés aux adultes.


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