29/09/2020

Parcours universitaires et pandémie : Entretien avec Claude Corbo, président de la Commission de l’enseignement et de la recherche universitaires

Claude Corbo a œuvré à l’Université du Québec à Montréal de 1969 à 2013, d’abord comme professeur, ensuite comme gestionnaire, puis comme recteur, et ce, à deux reprises (1986-1996 et 2008-2013). En outre, il s’est engagé dans des activités bénévoles de façon continue. De plus, il a assumé de nombreux mandats de conseil dans plusieurs domaines d’intervention gouvernementale, au cours desquels il a signé de multiples rapports. Il a aussi publié une vingtaine d’ouvrages sur le Québec, son histoire, son identité et son éducation.

Au Conseil supérieur de l’éducation, M. Corbo a d’abord présidé le comité du Rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation 2000-2001, puis a été membre du comité en 2001-2002. Depuis 2018, comme membre du Conseil, il préside la Commission de l’enseignement et de la recherche universitaires. À ce titre, il a contribué à l’adoption de deux avis. Le plus récent, Cheminements rapides dans les études universitaires au Québec,  a été publié en juillet 2020.

Mais c’est l’avis intitulé Les réussites, les enjeux et les défis en matière de formation universitaire au Québec, paru en décembre 2019, qui fait le plus écho au contexte lié à la COVID-19. Pourtant rédigé avant la pandémie, cet avis a mis en lumière plusieurs réalités universitaires exacerbées par l’actualité récente, soutient M. Corbo.

Le Conseil y souligne l’importance de valoriser la poursuite des études universitaires de la population québécoise. Toutefois, diverses données montrent que des défis subsistent au regard de l’accessibilité aux études pour différents groupes ayant des besoins particuliers, dont les étudiantes et étudiants de milieux défavorisés, de première génération, des régions, autochtones, ou encore internationaux.

Dans le contexte actuel, l’appui à ces groupes est plus crucial que jamais. Des réalités mettent à mal la poursuite de leurs études : pertes d’emplois entraînant une précarité financière, accès variable à une connexion internet fiable ou à un environnement informatique de qualité, sentiment d’isolement lié au confinement et à un encadrement à distance, fermeture des frontières, voilà autant d’obstacles pour ces populations étudiantes.

Un autre défi mentionné dans l’avis de 2019 a récemment pris une dimension nouvelle : l’appel à une plus grande flexibilité des parcours universitaires. Les turbulences économiques actuelles entraînent la nécessité pour plusieurs personnes d’acquérir de nouvelles compétences afin de se repositionner sur le marché du travail, encourageant les universités à développer et à proposer davantage de voies de passage pour faciliter le perfectionnement ou le changement de carrière.

Si elle représente un obstacle indéniable à la poursuite d’études universitaires pour plusieurs, la pandémie de COVID-19 est une occasion à saisir pour d’autres. Alors que maints secteurs d’activité tournent au ralenti, le contexte est propice à poursuivre ou à reprendre des études, à condition que les passerelles existent et qu’elles soient mieux connues. Aider la population à tirer le meilleur parti de la situation par l’apprentissage et la formation : voilà qui mérite de figurer parmi les priorités des universités!


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