16/02/2021

Les membres du Conseil : représentatifs de la société québécoise

Pour jouer son rôle, il est impératif que le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) soit représentatif du monde de l’éducation et, plus largement, de la société. Le Rapport Parent l’avait prévu, et recommandait qu’il soit composé en conséquence : « Pour remplir efficacement ses fonctions, le Conseil devra être assez nombreux pour être représentatif, assez restreint pour travailler dans l’unité[1]. »

Le choix s’est porté sur un total de 22 membres, incluant le président, auxquels se sont greffés quelques mois plus tard 2 secrétaires généraux, l’un protestant et l’autre, catholique. Mais sélectionner 22 personnes représentant toute une société est un défi d’envergure, comme en témoigne le discours d’Arthur Tremblay, sous-ministre de l’Éducation, lors de la première réunion du Conseil en 1964 :

« Puisque vous vous rencontrez pour la première fois, je me permets de vous présenter les uns aux autres : vous êtes 22 […], votre âge moyen est d’environ 45 ans et […] vous comptez 5 personnes de langue anglaise contre 17 de langue française, 4 femmes et 18 hommes, 17 personnes possédant une expérience directe de l’enseignement contre seulement 5 profanes, 7 universitaires de carrière, 12 représentants de la région de Montréal contre 4 de la région de Québec et 6 de 4 autres régions importantes, 2 prêtres dont un religieux et un séculier, 2 représentants des religieux enseignants, dont un homme et une femme[2]. »

Les premiers membres du CSE, comme ceux qui y siégeront par la suite, sont triés sur le volet au terme d’un rigoureux processus de consultation. Claude Ryan, éditorialiste du Devoir et futur ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Science, salue la qualité du curriculum vitae des personnes nommées :

« La plupart des membres du Conseil sont des personnes solides, possédant des états de service […] réels et valables, largement respectés dans leur milieu, capables de dire ce qui marche et ce qui ne va pas dans leur coin respectif, aptes à écouter le point de vue des autres et à traduire les sentiments de portions importantes de la population[3]. »

Le CSE remplace une instance centenaire elle aussi représentative, le Conseil supérieur de l’instruction publique, instauré en 1859. La société québécoise, en pleine mutation dans les années 1960, commande de nouvelles institutions reflétant ces changements. La création du CSE correspond à une modernisation significative, notamment parce que la proportion des membres représentant les autorités religieuses est réduite au profit d’une place accrue de la société civile. Aucun critère n’est toutefois imposé en ce qui concerne l’âge des membres, La Presse rapporte en effet avec étonnement que « le gouvernement n’a pas cru bon d’exclure du nouveau conseil les membres âgés de plus de 70 ans[4]. »!

Aujourd’hui, le CSE compte toujours 22 membres incluant la présidente, choisis avec la même rigueur mais en fonction des critères de notre époque : par exemple, la parité hommes-femmes est désormais incontournable, ainsi que la présence de personnes issues des communautés autochtones et des communautés culturelles. Aujourd’hui comme en 1964, le CSE peut compter sur des membres chevronnés, engagés, et qui correspondent au portrait souhaité jadis par le sous-ministre Tremblay:

« Le ministre de l’Éducation, le gouvernement et la société tout entière comptent sur l’apport d’un Conseil supérieur de l’éducation qui sera tout à la fois lucide, attentif aux besoins du milieu, enraciné, éclairé et clairvoyant, franc et direct autant que généreux et ouvert d’esprit, déterminé autant que réaliste[5] ».

[1] Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec (1963). Rapport, Première partie : les structures supérieures du système scolaire, 187.

[2] Actes de la première réunion du Conseil supérieur de l’éducation, 31 août 1964.

[3] Le Devoir, 27 août 1964.

[4] La Presse, 13 mai 1964, p. 2.

[5] Actes de la première réunion du Conseil supérieur de l’éducation,31 août 1964 .


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