26/01/2021

1984-1989 : la présidence de Pierre Lucier

De 1984 à 1989, Pierre Lucier a pris les rênes du Conseil supérieur de l’éducation, après avoir été sous-ministre adjoint de l’éducation de 1980 à 1984. Il a par la suite été notamment sous-ministre de l’Enseignement supérieur de 1990 à 1993 et sous-ministre de l’Éducation de 1993 à 1996 et de 2003 à 2005; enfin, il a été président de l’Université du Québec de 1996 à 2003.

Professeur invité au Département de sciences des religions de l’UQAM depuis 2006, M. Lucier a partagé avec nous quelques souvenirs de cette époque. Il nous a également parlé des défis qui attendent le milieu de l’éducation dans « l’après-COVID ».

M. Lucier, quels ont été les bons coups du Conseil sous votre présidence?

Avec mon équipe, nous avons mis l’accent sur l’étude du système d’éducation, ses objectifs, ses articulations, ses règles de fonctionnement. Cela a été marquant et porté positivement par les membres du Conseil et les commissions de l’époque. Le Conseil avait décidé de s’orienter sur les régimes pédagogiques, les programmes d’enseignement, la formation professionnelle et les transitions entre les ordres d’enseignement.

Parallèlement, nous avons voulu partager davantage les savoirs du Conseil en encourageant la publication d’études et de rapports signés par nos agents de recherche. Enfin, entre 1984 et 1989, le Conseil a été très présent et branché dans le milieu de l’éducation. Nous discutions notamment beaucoup de nos avis avec les gens des réseaux et avec le ministre de l’Éducation.

Quels ont été vos coups de cœur, et pourquoi?

Je garde plusieurs bons souvenirs, mais j’aime me rappeler l’avis sur la Confessionnalité scolaire de 1986. Le Conseil recommandait alors au ministre de l’Éducation de faire en sorte que le gouvernement du Québec inclue la question de la confessionnalité scolaire dans le dossier des prochaines négociations constitutionnelles. Cet avis a été visionnaire, car il donnait la piste de la discussion constitutionnelle suivie 11 ans plus tard. Ce fut un beau moment.

Je mentionnerais aussi les 25 ans du rapport Parent. Le Conseil avait alors produit une synthèse de ce qui avait été fait et mentionné les défis qui restaient à affronter pour l’ensemble du système.

Mon plus grand coup de cœur reste toutefois les personnes au sein du Conseil, soit la permanence, les membres de la Table et des différentes commissions. Il y avait des individus très branchés dans les grands réseaux de la société québécoise, que ce soit les institutions publiques, les entreprises, les syndicats, les communautés, y compris des communautés autochtones. D’ailleurs, certaines personnes qui étaient mobilisées à l’époque ont été nommées par la suite à la présidence du CSE. Le Conseil a toujours été le point de rencontre de gens qui ne se seraient pas rencontrés autrement, mais qui se rassemblaient autour d’une cause commune, l’éducation, et qui acceptaient de mettre de côté leurs intérêts particuliers pour en discuter. Cela fonctionnait, car on réussissait à faire l’unanimité malgré des horizons extrêmement différents.

Selon votre expertise, quel est le plus grand défi auquel sera confronté le milieu de l’éducation dans la période après-COVID?

La pandémie met en évidence les problèmes déjà existants et il va y avoir des dégâts à réparer. Ce sont toujours les mêmes défis, mais la pandémie les fait ressortir davantage. Par exemple, on voit encore plus cruellement les problèmes liés aux inégalités, à l’apprentissage et au bien-être des enfants et des adolescents (environnement, école, milieu familial).

Le confinement a aussi validé l’importance d’améliorer l’enseignement à distance, qui est une excellente solution de rechange.

La pandémie nous a permis d’avoir un regard plus aiguisé sur ces problèmes et j’espère qu’on s’en souviendra assez longtemps pour s’occuper des « vraies affaires ».


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