14/04/2020

Formation à distance : répondre à l’urgence, penser la pérennité

Les mesures de distanciation physique requises pour freiner la propagation de la COVID-19 ont amené de nombreux collèges et universités du Québec à se tourner vers la formation à distance. La flexibilité inhérente à ce type de formation représente un avantage indéniable dans les circonstances actuelles. Les établissements d’enseignement supérieur voudront peut-être s’en prévaloir jusqu’à la fin de la pandémie et au-delà. Toutefois, ces établissements, leur personnel enseignant et leurs étudiantes et étudiants ne partent pas du même point pour aborder un changement aussi majeur.

En effet, l’association canadienne de recherche sur la formation en ligne rapportait qu’en 2018, 88 % des universités québécoises et 56 % des collèges offraient de la formation à distance à des degrés divers. Par ailleurs, seulement 20 % de la population étudiante universitaire, ainsi qu’un maigre 4 % de celle du collégial, avait déjà suivi au moins un cours à distance. Pour beaucoup, la pandémie sera donc l’occasion d’une première expérience. En ce qui concerne les établissements, certains disposent d’une infrastructure dédiée, alors que d’autres doivent l’inventer.

Dans son avis La formation à distance dans les universités québécoises : un potentiel à optimiser, le Conseil recommande  de respecter trois principes. D’abord, l’accessibilité pour les étudiantes et les étudiants des régions éloignées ou au profil non traditionnel, à quoi s’ajoute la disponibilité d’une connexion internet haute vitesse et d’un ordinateur. Ensuite, le maintien de la qualité de l’apprentissage, par une adaptation de la pédagogie. Enfin, la formation à distance doit contribuer à la viabilité du système universitaire en favorisant notamment la collaboration entre établissements et la mutualisation des ressources. Ces recommandations, formulées pour le réseau universitaire, s’appliquent aussi bien au collégial.

Une fois l’urgence de la pandémie de COVID-19 passée, les établissements d’enseignement supérieur pourront prendre du recul et réfléchir à la place que la formation à distance devrait occuper dans l’offre de formation et à la manière de l’inclure en respectant les principes d’accessibilité, de qualité et de viabilité. Il faudra notamment définir ce qu’on entend par formation à distance, s’entendre sur les modalités que celle-ci peut emprunter et tenir compte des recherches scientifiques montrant comment ce mode d’enseignement demande une profonde transformation de la pédagogie. Le Conseil propose un document d’étude et de recherche intitulé Définitions et modalités de la formation à distance pour soutenir cette indispensable réflexion et la replacer dans son contexte historique et théorique. À quelque chose, dit-on, malheur est bon. La formation à distance, qui aujourd’hui prend parfois des allures de bouée de sauvetage, est appelée à devenir un complément essentiel de l’offre de formation aux études supérieures du Québec, si elle épouse les meilleures pratiques et se déploie dans un esprit de concertation entre les établissements d’enseignement.


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