18/08/2020

Formation à distance à l’enseignement supérieur : les liens sociaux demeurent cruciaux

Pour faire face à la pandémie du printemps 2020, les formations collégiales et universitaires offertes habituellement en classe ont été transposées dans l’urgence en cours à distance. Lorsque des inquiétudes sont formulées quant à la qualité de la formation à distance, il faut donc rappeler que la transposition en ligne de cours conçus pour être donnés en classe et la création d’une véritable formation à distance sont deux exercices distincts. La rentrée qui s’amorce à l’enseignement supérieur devrait offrir au personnel enseignant de réelles possibilités de planifier des activités d’apprentissage conçues pour être offertes à distance.

Construire une formation à distance de qualité demande du temps et des ressources. Les approches théoriques sur le sujet sont d’un grand intérêt pour le personnel enseignant se livrant, souvent pour la première fois, à un tel exercice. Ces approches ont donné lieu à diverses définitions de la formation à distance, ainsi qu’à des recherches sur les pratiques à adopter pour une formation de qualité égale à l’enseignement en présentiel. Le Conseil supérieur de l’éducation les a d’ailleurs résumées dans un document publié plus tôt cette année.

Parmi ces approches, le cadre théorique de la communauté d’apprentissage (community of inquiry), développé par des chercheurs de l’Université d’Alberta, articule le rôle des interactions sociales en contexte de formation à distance. La communauté se bâtit par l’interaction de trois présences : la présence sociale, qui représente la capacité de se projeter socialement et émotionnellement dans l’espace virtuel ; la présence cognitive, c’est-à-dire la construction des apprentissages de concert avec la communauté ; la présence enseignante, qui donne une direction aux processus sociaux et cognitifs pour atteindre les objectifs d’apprentissage. Ce cadre prône l’exploration des possibilités propres aux technologies pour soutenir les apprentissages, afin d’éviter de transposer en ligne un enseignement présentiel. Il requiert ainsi un changement de posture, à la fois pour le personnel enseignant et pour la population étudiante, et ce changement nécessite l’appui de spécialistes en technopédagogie.  La technologie permet de créer une communauté à distance, où chaque membre doit prendre une part très active aux apprentissages. Le principe de la communauté d’apprentissage répond ainsi au besoin exprimé par les étudiantes et étudiants de conserver un lien d’encadrement pédagogique et de briser l’isolement que la formation à distance peut entraîner.

Si le personnel enseignant a besoin de temps et de ressources pour développer les cours à distance, les étudiantes et étudiants bénéficieraient d’une formation pour s’adapter à ce nouveau contexte d’apprentissage. Contrairement aux idées reçues, les « natifs du numérique » ne maîtrisent pas naturellement l’environnement technopédagogique, ce qui a d’ailleurs été source de stress pour certains le printemps dernier. Les compétences et outils numériques gagneraient donc à être enseignés de manière explicite, particulièrement à celles et ceux qui en sont à leur première session, de manière à offrir une réelle égalité des chances de réussite.


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