17/11/2020

Discuter de discrimination à l’école et bâtir la résilience communautaire

Dans la foulée de la mort de George Floyd et du regain de visibilité du mouvement Black Lives Matter, l’équipe de Vivek Venkatesh, professeur titulaire en pratiques inclusives dans les arts visuels au Département d’éducation artistique de l’Université Concordia, a produit la trousse Profilage, avec la collaboration étroite de la Commission Canadienne pour l’UNESCO. « Cette boîte à outils s’adresse au milieu de l’éducation, aux organismes communautaires, au secteur de la santé et aux services de police, pour leur permettre d’engager la discussion sur la discrimination systémique exercée par une autorité à l’égard d’une minorité », explique celui qui est également cotitulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents et directeur du Centre d’études sur l’apprentissage et la performance.

Cet outil tombe à point, puisque le contexte actuel de pandémie exacerbe l’anxiété, l’incertitude et, parallèlement, les dérives haineuses et les différentes formes de radicalisation. La trousse comprend une série de questions et de réponses pour expliquer ce qu’est le profilage racial et social, et comment nous pouvons le repérer. Elle contient également des témoignages de personnes marginalisées ayant vécu cette forme de discrimination stéréotypée et propose pour la contrer des solutions provenant « du terrain ».

« On désire notamment outiller le personnel enseignant et éducatif pour faire la promotion de la discussion autour de ce sujet. Par exemple, ils pourront adapter cette trousse pour préparer leurs élèves à bâtir la résilience contre le profilage dont ils pourraient être témoins ou victimes », poursuit Vivek Venkatesh.

Profilage est l’une des retombées du projet SOMEONE – Social Media Education Every Day –, fondé en 2014 et financé par des contributions du Fonds de recherche du Québec-Société et Culture (FRQSC), Sécurité publique Canada, Affaires mondiales Canada et Patrimoine Canada. De son côté, l’initiative Paysage de l’espoir, récemment financée par le FRQSC et Patrimoine Canada, collabore avec des jeunes issus des communautés marginalisées de Montréal et avec des membres des Premiers Peuples du Saguenay. Elle les incite à décrire leurs expériences de haine, de discrimination et d’intimidation au moyen de sons, d’images et de paroles pour en faire des installations artistiques.

« La pandémie nous amène à revoir nos façons de faire. Nous allons pouvoir faire parvenir le matériel électronique aux artistes locaux et donner des ateliers en mode virtuel. Les jeunes pourront utiliser notre application mobile Plural pour partager des photos, des images, des écrits ». Le chercheur et son équipe collaborent d’ailleurs avec la Fondation Michaëlle Jean pour proposer l’initiative Paysage de l’espoir à d’autres communautés canadiennes.

Vivek Venkatesh travaille de près avec Owen Chapman, DJ, compositeur et professeur au Département des études en communication de l’Université Concordia ; Annabelle Brault, musicienne, musicothérapeute et professeure au Département des thérapies par les arts créatifs à l’Université Concordia, ainsi qu’avec une équipe de pédagogues et de spécialistes en santé mentale et en arts visuels rattachés à plusieurs institutions québécoises, dont l’Université McGill et l’Université du Québec à Montréal.

Selon Vivek Venkatesh, il est important d’outiller les écoles pour sensibiliser les jeunes aux conséquences des messages haineux et discriminatoires, qui sont en hausse sur les réseaux sociaux, notamment depuis le début de la pandémie. Le projet SOMEONE a rendu disponibles plusieurs ressources incluant des cursus scolaires et des protocoles pour les activités parascolaires portant sur la résilience et contre la radicalisation, la discrimination et la haine.


Retour aux actualités