25/08/2020

Début de carrière en enseignement en temps de pandémie : un obstacle supplémentaire à l’insertion professionnelle ?

Lors de la prochaine rentrée scolaire, certaines écoles primaires et secondaires feront appel à du personnel enseignant débutant dans la profession pour pallier l’absence du personnel malade ou en isolement préventif, ou encore pour contribuer à l’enseignement et à l’accompagnement des élèves qui ne pourront se présenter en classe en raison de leur condition médicale ou de celle de membres de leur famille. L’insertion professionnelle de ces enseignantes et enseignants se fera dans le contexte singulier de la pandémie et pourrait se révéler plus exigeante qu’en temps normal.

Le Conseil s’est penché sur la question de l’insertion professionnelle en enseignement dans ses avis de 2004 et 2014 intitulés Un nouveau souffle pour la profession enseignante et Le développement professionnel, un enrichissement pour toute la profession enseignante. Pour le Conseil, il est primordial de soutenir l’insertion professionnelle du personnel enseignant et de baliser cette étape, souvent longue et difficile, dans une perspective d’équité. En effet, en raison des règles d’affectation, les dernières personnes embauchées se voient confier les tâches les plus difficiles. Souvent, la complexité de la tâche ne permet pas de consolider les compétences développées dans la formation initiale, qui ne suffit pas toujours pour affronter les conditions d’exercice difficiles. Ainsi, en 2004, le Conseil recommandait au ministre de l’Éducation de s’assurer de la mise en place de mesures visant à soutenir l’insertion du nouveau personnel enseignant. D’une part, il recommandait aux commissions scolaires (actuels centres de service scolaires) et aux directions d’école de prendre en compte le niveau de compétence réel du personnel enseignant en début de carrière dans l’affectation des postes et dans la répartition des tâches. D’autre part, il recommandait au personnel enseignant de chaque établissement de prendre acte des besoins d’accompagnement des nouveaux collègues et de travailler, avec la direction, à la mise en place de mesures appropriées.

En 2014, le Conseil se réjouissait de la préoccupation grandissante pour cette étape de la vie professionnelle. Un certain nombre d’organismes et d’établissements scolaires ont mis en place des mécanismes de soutien pour leur personnel débutant : journées d’information, ateliers de formation, ligne d’écoute téléphonique, accueil systématique dans le milieu scolaire attitré, mentors formés à cet effet par des universités, enseignant-ressource agissant à titre de pair aidant auprès de l’enseignant débutant dans l’intervention auprès des élèves en difficulté, accompagnement par le Carrefour national de l’insertion professionnelle en enseignement (CNIPE), etc.

Plusieurs centres de service scolaires diversifient aussi leur offre pour cibler des populations particulières, comme le personnel enseignant d’immigration récente, dont les besoins appellent des activités adaptées. Dans cet ordre d’idée et dans le contexte tout particulier de la COVID-19, le Conseil rappelle qu’il est essentiel d’accompagner le personnel enseignant en début de carrière, qui fera face à de nouvelles exigences et à des défis importants à la rentrée 2020.


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