04/05/2016

50e assemblée plénière du Conseil

Le 21 avril 2016 se tenait la 50e assemblée plénière du Conseil supérieur de l’éducation, qui réunissait tous les membres du Conseil, des commissions et des comités ainsi que le personnel de sa permanence. Cette année, l’assemblée plénière portait sur Les enjeux, les défis et la richesse de la diversité culturelle et le soutien au vivre-ensemble. La réflexion proposée pour cette journée se situait dans le contexte où le tissu social du Québec, relativement hétérogène, se compose de personnes issues de l’immigration récente ou de longue date, de membres des Premières Nations et des communautés inuites et d’une population dite québécoise de souche. Sur le plan culturel, plusieurs développements doivent également être soulignés, notamment la déconfessionnalisation et la laïcisation du système éducatif, la francisation des immigrants, la prise en considération de la diversité ethnoculturelle croissante de notre société et le souci de développer une citoyenneté pluraliste. Dans la perspective d’appuyer les réflexions sur les observations des différents acteurs, il était proposé de regarder la prise en considération de la diversité culturelle dans les milieux et d’échanger sur des orientations, des approches ou des pratiques qui permettent de composer avec cette diversité et de mettre en lumière les défis et la richesse du vivre-ensemble. Photo de groupe avec Daniel Weinstock, Michèle Audette, Lucie Bouchard et Pierre Doray

Deux conférenciers ont été invités à présenter leur point de vue. D’abord, Mme Michèle Audette, ancienne présidente de Femmes autochtones du Québec et de Femmes autochtones du Canada, a présenté la situation des différentes communautés autochtones, en particulier au Québec, en l’inscrivant dans son contexte historique. Ces communautés vivent de nombreuses difficultés, notamment au regard de l’éducation et de la santé, mais également sur le plan financier. La situation autochtone est complexe; toutefois, trois éléments lui apparaissent essentiels pour permettre aux communautés autochtones de retrouver leur pouvoir d’agir : la guérison individuelle et collective, la lutte à la pauvreté et le retour à l’identité culturelle.

Ensuite, M. Daniel Weinstock, professeur à la faculté de droit de l’Université McGill et membre du Comité du rapport sur l’état et les besoins de l’éducation 2014-2016, a présenté son point de vue sur la question de la contribution de l’école au vivre-ensemble. Pour M. Weinstock, le vivreensemble se mesure à la capacité d’une société à gérer ses différences. Il juge essentiel de cultiver une identité partagée, identité qui se forgera par le vivreensemble, c’estàdire en faisant des choses ensemble. Par conséquent, l’apprentissage du dialogue ainsi que la compétence à gérer la différence et à régler les conflits apparaissent essentiels. À cet égard, l’utilisation d’une langue commune, en l’occurrence le français, apparaît toutefois incontournable.

Par la suite, des ateliers se sont tenus, l’un sur Le rôle du système éducatif pour soutenir le développement du vivreensemble, et les autres sur Les approches, les pratiques et les mesures porteuses en contexte scolaire pour favoriser l’ouverture à la diversité culturelle et le vivreensemble, selon les ordres ou les secteurs d’enseignement. Certains messages forts se sont dégagés lors du retour en plénière. Tout d’abord, on souligne qu’en fin de compte, toutes les régions du Québec sont touchées par différentes formes de différences et que l’apprentissage du vivreensemble existe aussi lorsqu’il est question d’inclusion scolaire des élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage, par exemple. Ensuite, l’éducation est au cœur de l’apprentissage du vivreensemble. Les milieux scolaires sont des microsociétés dont la composition est diversifiée : ils constituent un lieu propice à l’apprentissage du vivreensemble. Finalement, les membres ont partagé leur point de vue sur des expériences concrètes vécues dans leurs milieux respectifs.

L’atelier plénier s’est conclu par la présentation de M. Pierre Doray, professeur de sociologie à l’UQAM, qui a commenté ce qu’il a entendu tout au cours de la journée. M. Doray dégage notamment quatre enjeux des échanges de la journée. Le premier concerne l’importance de revenir aux conditions d’existence des différents groupes (conditions de vie matérielles, symboliques ou culturelles) pour comprendre les rapports à l’école. Le deuxième enjeu pose la question de la segmentation de l’école qui permet parfois difficilement le rapprochement entre les communautés culturelles. Dans cet esprit, l’apprentissage du vivreensemble nécessite la réalisation de projets communs, qui se déroulent dans des lieux communs. Un autre enjeu concerne l’importance du dLucie Bouchard remet un certificat à Vincent Maugerialogue permettant de gérer la différence, plutôt que de chercher à promouvoir un projet scolaire basé sur des valeurs communes à promouvoir. Finalement, le dernier enjeu souligne l’importance d’intégrer les parents dans ce dialogue, puisque le vivre ensemble ne peut se construire qu’en impliquant l’ensemble des générations.

La journée a aussi été l’occasion pour la présidente du Conseil par intérim, Mme Lucie Bouchard, de souligner la contribution des personnes qui ont travaillé au sein des différentes instances du Conseil. Elle a en particulier remercié les personnes qui terminent leur mandat et leur a offert un certificat de reconnaissance. Voici la liste des 19 membres sortants :

de la Commission de l’éducation préscolaire et de l’enseignement primaire : Mmes Colette Deaudelin et Mylène Leroux, et MM. Tony Jenniss et Yves Laflamme

de la Commission de l’enseignement secondaire, Mme Valérie Lespérance-Trudel, et MM. Jacques Charest et Frédérik Renaud

de la Commission de l’enseignement collégial : Mmes Brenda Gareau, Marianne Landuyt et Annie Rochette, et MM. Sylvain Blais et Sébastien Piché

de la Commission de l’enseignement et de la recherche universitaires : Mmes Manon Brunet et Dorothée Charest Belzile, et MM. Léon Harvey et Vincent Mauger

de la Commission de l’éducation des adultes et de la formation continue : Mmes Michèle Bergeron, Nadia Lakrouz et Maryse Porlier

La présidente par intérim tient à leur exprimer toute son appréciation pour avoir donné généreusement de leur temps à la préparation des avis du Conseil. À sa réunion de juin, le Conseil procédera à la nomination des nouveaux membres, dont le mandat commencera le 1er septembre. La nouvelle composition des commissions sera rendue publique à ce moment.


Retour aux actualités