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Le début de l’année a été marqué par l’avis sur la formation à distance (FAD) dans les universités, demandé par l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry. Ce rapport a permis de constater que les établissements et le Ministère ne partagent pas un portrait complet et précis de la situation. Les données sur l’ampleur de la FAD sont, malgré des efforts considérables, toujours absentes de l’équation. Cela a pour conséquence qu’il est difficile de mesurer l’effet de la FAD sur l’expérience étudiante, malgré la croissance de ce mode d’enseignement et d’apprentissage depuis la pandémie de COVID-19, notamment.
Le Conseil a également publié un avis sur l’engagement des élèves au secondaire. Les travaux ont permis de mettre en évidence que le programme de formation de l’école québécoise et les encadrements actuels offrent toute la latitude pour mettre en œuvre des projets innovateurs et stimulants, accessibles à tous les élèves, afin de favoriser leur réussite. Dans ce contexte, des milieux fermement engagés ont été visités et des échanges avec du personnel investi ont permis de constater de belles réalisations.
Toujours en 2025, dans le cadre de la révision de la Politique d’éducation des adultes et de formation continue, le Conseil a rédigé un mémoire sur l’importance d’instaurer une culture de l’apprentissage tout au long de la vie au bénéfice des personnes, des organisations et de la société dans son ensemble. Le Conseil souhaite, par cette publication, influencer la future politique, tant attendue dans les réseaux.
C’est à la fin novembre qu’a été publié un avis sur la synergie entre la recherche et la formation au collégial, en vue de bonifier la qualité de la formation et l’expérience éducative. Celui-ci démontre notamment que l’initiation à la recherche a un effet attractif pour les étudiantes et les étudiants qui ont la possibilité de s’y engager lors de la poursuite de leurs études collégiales.
Je suis également particulièrement fière du rapport sur l’état et les besoins en éducation ayant pour thème la complexité du système éducatif. Dans un monde où, trop souvent, les nuances sont laissées en plan, un tel regard est plus que jamais opportun pour appréhender les problèmes épineux et ainsi faire face à la désinformation, aux solutions simplistes et à la polarisation des idées.
Par ailleurs, dans la foulée de son avis sur l’impact des systèmes d’intelligence artificielle générative en enseignement supérieur, réalisé avec la Commission de l’éthique en science et en technologie (2024), j’ai été invitée par l’UNESCO à participer à une journée de formation de haut-niveau sur la transformation numérique de l’enseignement supérieur. J’ai notamment pu rencontrer une quarantaine de leaders africains, à Rabat, lors de la Conférence générale de l’Association des universités africaines.
Cela m’amène à mentionner nos projets à venir, car le Conseil se projette et a en tête des chantiers cruciaux et stimulants à entreprendre. Bien sûr, nous sommes en attente d’une transformation majeure de notre organisme qui sera dorénavant recentré sur l’enseignement supérieur. Nous continuerons néanmoins de porter notre regard en amont, dans les ordres d’enseignement obligatoire où se dessinent les nouvelles générations d’étudiantes et d’étudiants qui arrivent dans les collèges et dans les universités, pour bien évaluer leurs préoccupations, leurs nouveaux besoins et leurs espoirs.
À l’aube de devenir le Conseil de l’enseignement supérieur, nous devons nous repositionner, forer plus en profondeur les tendances et les enjeux qui sont propres à cet écosystème. Les grands défis à venir constitueront le sujet de notre prochain rapport sur l’état et les besoins de l’enseignement supérieur. Nous allons également nous pencher sur la gouvernance des collèges, sur leur indépendance et leur autonomie. Nous allons par ailleurs examiner avec intérêt la formation universitaire, dans le contexte des changements sociaux et numériques qui la transforment.
Enfin, nous avons l’intention de nous interroger, notamment avec nos collègues des Conseils d’éducation internationaux, sur la question de la démocratie et des compétences citoyennes, à l’heure des grands chambardements sociaux vécus par plusieurs États. Actuellement, on ne peut faire fi des attaques à la liberté d’expression dans nombre d’États et d’établissements, bien près de nous.
Le Conseil veut non seulement prendre part à ces réflexions, mais il entend y jouer un rôle d’animation, d’interface entre les personnes en position de prendre des décisions, les réseaux et la société civile.
2026 sera donc une année cruciale : le Conseil sera présent dans ces débats publics, avec un nouveau statut, certes, mais avec la même rigueur et la même indépendance dont il a fait preuve depuis sa création.
En mon nom ainsi qu’en celui des membres et du personnel, je souhaite que nous réussissions, en 2026, à agir collectivement, en vue d’un monde meilleur pour toutes et tous. Que la prochaine année soit stimulante, qu’elle nous apporte des pistes de solution aux enjeux majeurs qui se profilent sur tous les plans.
Monique Brodeur, présidente