Présentation du président du CREBE 20-21
22/12/2020

Tirer des leçons de la crise : portrait de Sébastien Piché, président du Comité du rapport sur l’état et les besoins de l’éducation 2020-2021

Un profond intérêt pour les parcours étudiants anime Sébastien Piché, membre du Conseil supérieur de l’éducation et président du Comité du rapport sur l’état et les besoins de l’éducation (CREBE) 2020-2021, qui se penche sur les effets de la pandémie sur le système éducatif. Professeur d’histoire au collégial pendant une vingtaine d’années, il a mené en parallèle des travaux de recherche portant notamment sur le succès des étudiantes et étudiants qui décrochent volontairement du collégial, puis reprennent des études universitaires quand leur projet vocationnel a mûri. Ces recherches, qui l’ont amené à occuper le poste de directeur adjoint des études au Cégep régional de Lanaudière en 2017 et au Collège de Bois-de-Boulogne depuis 2019, colorent ses contributions aux délibérations du Conseil. Elles expliquent aussi son intérêt à présider le CREBE 2020-2021.

M. Piché note que la réalité des jeunes qui décrochent volontairement pour mieux reprendre plus tard est très différente de celle des jeunes dont l’engagement scolaire vacille en raison des contraintes imposées par la pandémie de COVID-19. Même si des années de recherche seront nécessaires pour mesurer les conséquences de la crise sanitaire sur les parcours éducatifs, il nourrit déjà de grandes craintes. Bien des étudiantes et étudiants vulnérables en raison de leur statut socioéconomique ou de leurs besoins particuliers, qui auraient surmonté l’adversité pour obtenir leur diplôme d’études collégiales en temps normal, risquent actuellement d’abandonner. À ces jeunes qui se désengagent de leurs études, on offre peu d’occasions d’apprentissage informel.

Même pour les étudiantes et étudiants qui termineront leur programme d’études, les circonstances d’apprentissage difficiles peuvent nuire à l’acquisition des connaissances et des compétences. Au collégial, les assouplissements temporaires qui permettent, sans autre justification, de demander la mention « incomplet » à la place d’une note, auront des répercussions sur la durée des études puisque ces cours devront être repris.

De nombreuses recherches confirment que fermer les écoles entraîne des conséquences durables pour les élèves et la population étudiante. Sous la gouverne de M. Piché, le CREBE ne tentera pas d’anticiper celles-ci, mais plutôt d’analyser la réaction des organisations et des individus qui ont été confrontés aux fermetures, puis aux réouvertures dans des conditions inédites. Il faut tirer les leçons de la crise, affirme-t-il, afin qu’interrompre les services éducatifs n’apparaisse plus comme la seule option valable. M. Piché observe également que la distanciation physique et sociale que l’on pratique actuellement représente l’antithèse de l’éducation telle qu’on la conçoit, de la maternelle jusqu’au doctorat. Le Conseil, avec sa perspective interordres, se trouve dans une position unique pour analyser ce paradoxe et proposer une nouvelle vision de l’éducation en situation de crise pour le Québec, précise-t-il.

M. Piché espère donc que de nombreux acteurs de l’éducation s’empresseront de répondre à l’appel du Conseil pour contribuer aux travaux du CREBE et à leurs retombées. La participation de tout le milieu éducatif aux réflexions du Conseil est plus cruciale que jamais.


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