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Éduquer au numérique

Les stéréotypes de genre comme obstacles à l’accession des femmes aux formations et professions du numérique

De l’appareil de l’État à l’éducation en passant par les activités culturelles et commerciales, toutes les sphères de la société prennent un virage numérique. Cette transformation créera des centaines de milliers d’emplois dans les années à venir, mais ils ne pourront être tous comblés par manque de main d’œuvre. Cette pénurie fait déjà sentir ses effets. Une de ses causes est le désintérêt actuel des femmes occidentales pour les formations en sciences et technologies de l’informatique. Certains observateurs en ont conclu que, lorsqu’elles sont libres de leurs choix, les femmes ne sont « naturellement » pas attirées par les professions du numérique.

Cette explication est trop simple, pour plusieurs raisons. D’abord, elle tient d’une tendance très humaine à essentialiser, c’est-à-dire à croire que les comportements observés en un lieu et à un moment précis sont ancrés et inévitables et ce, malgré des preuves fréquentes du contraire. L’idée d’un désintérêt naturel chez les femmes est contredite par le fait qu’elles étaient bien présentes dès les débuts de l’informatique. La contribution des pionnières commence d’ailleurs à être reconnue. Ensuite, dans plusieurs régions d’Afrique et d’Asie, la proportion de femmes dans les programmes d’études supérieures en informatique augmente, ce qui ne saurait être le cas si l’aversion pour ces disciplines était généralisée chez les femmes.

Ces différences entre plusieurs régions du monde pourraient s’expliquer par les stéréotypes qui s’attachent aux professions du numérique. Dans les sociétés occidentales, l’image d’Épinal du programmeur est celle d’un garçon brillant et asocial. En Malaisie, pays où les femmes représentent plus de la moitié des diplômées dans les programmes universitaires d’informatique, les professions afférentes sont perçues comme sécuritaires pour les femmes puisqu’elles se pratiquent à l’intérieur et n’exigent pas une grande force physique.

Reconnaître les stéréotypes ne leur enlève pas leur pouvoir. Pour que les filles et les jeunes femmes du Québec parviennent en grand nombre à voir leur avenir dans le numérique, un changement de culture sera nécessaire. Apprivoiser les aspects techniques du numérique à l’école, rencontrer des mentores durant leur réflexion sur leur avenir, avoir des modèles et recevoir le soutien de leur famille font partie des facteurs qui peuvent contribuer à ce que les filles et les jeunes femmes se sentent accueillies dans l’univers numérique.

Pour approfondir la question, téléchargez le document d’études et de recherche intitulé « Le numérique : une culture genrée » sur le site du Conseil supérieur de l’éducation.

Le numérique : une culture genrée