28/07/2020

Les cheminements rapides dans les études universitaires : un moyen pour soutenir la relève scientifique au Québec

Le Conseil supérieur de l’éducation rend public aujourd’hui l’avis intitulé Cheminements rapides dans les études universitaires. Cet avis comporte des éléments de réflexion pouvant être mis à profit dans la situation actuelle, alors que la COVID-19 accentue l’importance pour le Québec de développer et de consolider son expertise scientifique. En encourageant la population étudiante à poursuivre ses études doctorales au Québec, les cheminements rapides favorisent la relève en recherche et permettent d’attirer des étudiantes et étudiants internationaux.

Dans son avis, le Conseil définit trois types de cheminements rapides, soit les passages accélérés, intégrés et directs, qui représentent différentes façons d’accéder au doctorat pendant la maîtrise ou directement après le baccalauréat. Le Conseil a constaté que tous les établissements universitaires québécois offrent ces cheminements et qu’ils sont régis par des encadrements réglementaires variables. Ces cheminements ont toutefois quelques traits en commun : ils sont davantage suivis dans les universités anglophones, dans le domaine des sciences naturelles et du génie, par les hommes ainsi que par les étudiantes et étudiants internationaux.

Ces cheminements peuvent représenter des avantages significatifs pour les étudiantes et les étudiants : la durée moyenne de leurs études est plus courte et leur taux de diplomation au doctorat, plus élevé. De plus, les personnes qui suivent un cheminement rapide réussissent aussi bien, sinon mieux, que celles ayant complété la maîtrise.

Le Conseil recommande donc à la ministre de l’Enseignement supérieur d’accueillir favorablement ces cheminements rapides au sein des universités québécoises, en respectant certains principes fondamentaux : assurer la qualité de la formation aux cycles supérieurs, prioriser la réussite étudiante et respecter la valeur de chacun des grades universitaires ainsi que l’autonomie des établissements.

Le Conseil énonce également certaines conditions pour encadrer la réalisation de ces cheminements : qu’ils soient réservés à des candidatures retenues au terme d’un processus d’examen rigoureux, sans que ne soit diminuée la valeur du parcours universitaire (avec sanction des études pour chacun des trois cycles); qu’une «voie de sortie» bien balisée soit offerte aux personnes qui, en cours de route, souhaiteraient abandonner le doctorat pour terminer une maîtrise; que ces cheminements permettent de développer les mêmes compétences qu’un parcours normal et donnent droit à la même reconnaissance en termes de classification et de rémunération; que l’encadrement académique et psychologique offert aux personnes qui y sont inscrites fasse l’objet d’une attention particulière. Le Conseil recommande enfin de mieux faire connaître ces cheminements sur les campus, afin d’en démocratiser l’accès.

Le Québec ayant intérêt à augmenter la proportion de la population titulaire d’un doctorat, les cheminements rapides représentent une voie à encourager dans un plus grand nombre de domaines d’études. Permettre à une diversité d’étudiantes et étudiants d’accélérer leurs études universitaires : voilà un scénario qui mérite d’être considéré par les universités!


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