08/09/2018

Le rehaussement des compétences en littératie des adultes : la nécessité d’un engagement collectif

Le thème retenu par l’UNESCO pour la Journée internationale de l’alphabétisation, Alphabétisation et développement des compétences, rappelle que le besoin d’apprendre ne s’éteint pas au terme d’un parcours de scolarisation plus ou moins long, bien au contraire. Pour les adultes, le maintien et le renforcement des compétences en lecture, en écriture et en calcul font partie de ce besoin, comme le notait le Conseil supérieur de l’éducation dans l’avis Un engagement collectif pour maintenir et rehausser les compétences en littératie des adultes, publié en 2013. Dans cet avis, le Conseil soulignait que de nombreux adultes gagneraient à s’engager dans une telle démarche, que ce soit en raison d’un bagage insuffisant de compétences en littératie à la sortie de l’école, des exigences accrues des milieux de travail, d’une maîtrise insuffisante de la langue de la société d’accueil ou d’une déperdition de compétences en alphabétisme autrefois maîtrisées.

La conservation et l’amélioration de son niveau de littératie constituent une condition facilitant le développement ultérieur et continu de ses compétences, notamment de celles liées à l’emploi. Pour ce faire, les possibilités sont nombreuses et ne requièrent pas toutes un « retour sur les bancs d’école ». Plusieurs formules et lieux permettent de répondre avec souplesse aux besoins observés. Tous ne sont toutefois pas suffisamment connus ou sollicités. La demande elle-même demeure faible, notamment dans les milieux de travail.

Pourtant, le contexte de rareté de la main-d’œuvre qui a cours au Québec et l’évolution rapide des technologies devraient inciter les entreprises de toutes tailles à se soucier du maintien et du développement des compétences de leurs employés, autant de celles liées directement à leur travail que de celles plus génériques comme l’écriture ou le calcul. Il existe des liens entre productivité, développement des compétences et littératie. Cette dernière constitue le socle sur lequel repose la formation continue, dont celle liée à l’emploi.

Devant ces constats, le Conseil supérieur de l’éducation tient à réaffirmer l’importance de faire du maintien et du rehaussement des compétences des adultes ayant un faible niveau de littératie une priorité nationale nécessitant un engagement collectif. Pour la présidente du Conseil, Mme Maryse Lassonde, « il en va non seulement de la pleine participation de chacun et de chacune au développement économique, social et culturel du Québec, mais aussi de la possibilité d’accéder aux bénéfices collectifs de ce développement. L’engagement et la synergie de tous les acteurs concernés – gouvernementaux, économiques, sociaux, communautaires et culturels – et bien sûr des adultes eux mêmes sont nécessaires pour permettre de réels progrès. La littératie et les compétences de base doivent être considérées comme une responsabilité collective et non celle des seuls individus ».


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