09/03/2021

Entre continuité et renouveau 2002-2006 : la présidence de Jean-Pierre Proulx

Alors qu’il est professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, Jean-Pierre Proulx accepte le poste de président du Conseil de 2002 à 2006. Trois ans plus tard, il prend sa retraite.

Le spécialiste des questions d’éducation et de religion commence sa carrière comme journaliste au journal Le Devoir. Il devient professeur‑chercheur, et occupe différentes fonctions, comme la présidence du Groupe de travail sur la place de la religion à l’école, de 1997 à 1999. À maintes reprises, il marque la société québécoise, notamment avec la publication du rapport Laïcité et religions : perspective nouvelle pour l’école québécoise, mieux connu sous le nom de « rapport Proulx ».

 M. Proulx, quels ont été les bons coups du Conseil sous votre présidence?

 Quelques mois après mon entrée en fonction, j’ai dû défendre l’autonomie du Conseil auprès du ministre de l’époque. J’ai notamment rappelé au gouvernement que le Conseil avait pour fonction de conseiller le ministre sur toute question relative à l’éducation. Pourtant, depuis des années, aucun sous-ministre n’avait participé en personne aux réunions du Conseil. La loi fut alors modifiée pour qu’un sous-ministre adjoint le remplace et vienne y siéger régulièrement.

En 2005, la publication de l’avis Pour un aménagement respectueux des libertés et des droits fondamentaux : une école pleinement ouverte à tous les élèves du Québec a aussi marqué mon passage au Conseil. À ce moment-là, le ministre de l’Éducation et le gouvernement du Québec avaient à prendre une décision importante : proposer à l’Assemblée nationale de renouveler ou non la clause dérogatoire à la Charte canadienne des droits et libertés relative aux droits et aux privilèges des catholiques et des protestants en matière d’enseignement de la religion à l’école publique. J’avais un intérêt particulier dans ce dossier, puisque j’avais présidé le Groupe de travail sur la place de la religion à l’école. J’estimais que le Conseil avait la responsabilité d’intervenir sur la question, et j’ai pris la plume pour rédiger l’avis.

Le Conseil a ensuite été invité à présenter l’avis devant une commission parlementaire chargée de mettre en œuvre plusieurs dispositions relatives à la laïcité de l’école ainsi que le programme Éthique et culture religieuse. La Charte des droits et libertés de la personne du Québec fut modifiée conformément aux vœux du Conseil.

Enfin, l’avis Un nouveau souffle pour la profession enseignante, publié en 2004, demeure une pièce majeure de mon mandat. Nous avons repris le thème de la gestion de la profession enseignante. Depuis 1981, il y avait en effet un débat sur la pertinence de créer un ordre professionnel. Le Conseil avait alors recommandé au ministre de l’Éducation de créer un organisme de gestion de la profession pour encadrer, notamment, la formation continue. Malheureusement, dix-sept ans plus tard, nous en sommes toujours au même point, les différents partis n’ayant pas encore réussi à s’entendre.

Quels ont été vos coups de cœur, et pourquoi?                      

 C’est d’abord, sans contredit, le personnel qui y travaillait au quotidien, avec une compétence et une ardeur sans faille.

Ensuite, les réunions du Conseil, comme les assemblées générales annuelles, m’ont procuré un plaisir constant en raison de l’implication de chacun et du caractère joyeux de nos délibérations.

Enfin, les visites annuelles en région m’ont permis de constater l’engagement des acteurs de l’éducation partout au Québec. Elles étaient aussi pour les membres des occasions privilégiées de fraterniser. J’ai en mémoire la visite à Gaspé, où nous nous sommes rendus en avion. Une de nos membres s’est distinguée en devenant spontanément l’hôtesse du vol. Mémorable!

À votre avis, quel est le plus grand défi auquel sera confronté le milieu de l’éducation dans la période après-COVID?

Il faut maintenant se demander comment seront les jeunes à leur sortie de cette pandémie. Ils auront été laissés à eux-mêmes devant les écrans pendant longtemps. Quelle assurance démontreront-ils et quelle valeur leur réussite, leurs apprentissages et même leur diplôme auront-ils? Les entreprises, les employeurs et les ordres professionnels auront-ils confiance dans la formation reçue pendant la pandémie?

Je crois que les jeunes vont se relever de tout cela, mais qu’il leur faudra du temps et une implication de la part de tous les acteurs du milieu de l’éducation.

 


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