07/10/2015

Clarification de la pensée du Conseil supérieur de l’éducation rapportée dans l’étude portant sur la formation générale au collégial parue le 5 octobre 2015

Le Conseil supérieur de l’éducation souhaite réagir à la récente parution d’une étude de M. Thierry Karsenti, directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), réalisée en collaboration avec la Fédération des enseignants de cégeps (FEC-CSQ) et le CRIFPE intitulée : Quelle est la pertinence de la formation générale au collégial? Par la présente, le Conseil souhaite clarifier les propos et les intentions qui lui sont attribués dans ce document.

Premièrement, le Conseil déplore le recours à des citations qui ne traduisent pas fidèlement le message tenu dans les documents source. Par exemple, la première phrase du document soutient que le Conseil supérieur « flirtait encore [dans son plus récent avis de 2015] avec cette idée de diplômes du cégep sans que les étudiants ne soient contraints de suivre les cours de la formation générale au collégial : “Pensons ici, par exemple, à l’absence de la composante de la formation générale” (Conseil supérieur de l’éducation, 2015, p. 157) ». Cette citation trahit le propos véritablement tenu par le Conseil dans le document d’origine, propos qui consiste à préciser la différence entre l’attestation d’études collégiales (AEC) et le diplôme d’études collégiales (DEC). Il est donc faux de soutenir, sur la base de cette citation, que le Conseil souhaite retirer la composante de la formation générale du diplôme d’études collégiales.

De plus, à plusieurs reprises, les travaux prêtent aux auteurs, dont le Conseil, des intentions : par exemple, on suggère que le Conseil propose une dérive clientéliste de la formation générale et cherche à s’attaquer directement à la mission des cégeps et au projet éducatif humaniste hérité de la Révolution tranquille (p. 3 et 4). Jamais le Conseil supérieur de l’éducation n’a soutenu, dans quelque avis que ce soit, une approche clientéliste de la formation collégiale ou encore n’a cherché à s’attaquer à la mission des collèges. Une telle interprétation est d’autant plus étonnante que le document utilise abondamment les écrits du Conseil pour légitimer la formation générale.

Par ailleurs, les propos concernant les données de réussite en formation générale portent à confusion. Ils amalgament des données provenant de sources disparates afin de montrer qu’il n’y a pas de lien direct entre la formation générale et le taux d’échecs des étudiants. Au passage, on laisse croire que plusieurs personnes ou organismes attribueraient les échecs des étudiants collégiaux aux cours de la formation générale. Le Conseil tient à réitérer que, depuis 1997, il a toujours fait valoir que les données disponibles ne permettent pas d’établir de corrélation directe entre les taux d’échecs des étudiants et les cours de formation générale. On ne peut soutenir que le Conseil a contribué à nourrir une perception présumant de l’inverse.

Le Conseil invite donc les chercheurs à faire preuve, sur les questions qui concernent la formation collégiale, de la même rigueur que celle à laquelle ils s’astreignent pour traiter d’autres questions.


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