Conseil supérieur de l'éducation
 
LES DIVERSES FACETTES de la réussite

par Céline Saint-Pierre,
présidente

Les débats vont bon train actuellement sur les diverses interprétations de la réussite, à l'heure où chaque établissement scolaire est engagé dans la réalisation d'un plan de réussite ou d'un contrat de performance. Le Québec met présentement l'accent sur l'importance de la réussite scolaire du plus grand nombre de jeunes, dans un contexte où le savoir et les connaissances deviennent des outils majeurs du développement des personnes autant que du développement économique et social. Le Conseil souscrit à la réalisation de cet objectif en autant qu'il fasse appel à une conception de la réussite qui soit englobante, et c'est le sens qu'il donne à la réussite éducative.

En conséquence, le système d'éducation, et ce, à tous les ordres d'enseignement, doit contribuer à l'épanouissement du plein potentiel de chaque individu, jeune et adulte, à sa qualification pour une insertion professionnelle dans un domaine qui répond à ses aspirations, à ses goûts et à ses capacités, et à sa préparation de citoyenne ou de citoyen à part entière, en mesure de comprendre le monde qui l’entoure et d'y participer pleinement. Comprise ainsi, la réussite scolaire prend le visage de la réussite éducative et elle constitue le meilleur passeport pour insertion professionnelle et sociale réussie par le plus grand nombre d'individus.

Le Québec se situe parmi les pays de l'OCDE qui sont en tête de liste pour le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires, tous âges confondus, et il faut s’en réjouir. Il était de 82,5 % en 2000-2001. Cependant, des efforts importants et intensifs doivent être poursuivis auprès des jeunes afin que, d’ici 2010, 85 % d’entre eux obtiennent le DES ou l’équivalent avant l’âge de 20 ans. Dans ce secteur, le taux est actuellement de 71,7 %. Tout doit être mis en œuvre afin d'aider chaque jeune, garçon et fille, à se responsabiliser et à s'inscrire dans une démarche de réussite qui soit la sienne, et au sein de laquelle doit figurer l'obtention d’un premier diplôme d’études secondaires ou professionnelles. Tous les établissements se doivent d’assurer à chaque élève un accompagnement approprié dans sa démarche de formation et d'obtention d'un diplôme. La réussite du projet d’études doit prendre l’allure d’un défi valorisant à relever et l'effort requis pour y arriver doit faire sens dans l’univers culturel des jeunes d’aujourd’hui. Ce ne serait pas le cas, présentement, pour une grande majorité de garçons issus de milieux défavorisés en particulier.

Deux engagements essentiels en découlent : le premier, celui du jeune envers ses études; et le second, celui de la société envers chaque jeune afin de lui donner accès aux conditions maximales nécessaires pour assurer sa réussite scolaire, professionnelle et sociale. À cet égard, le discours des acteurs politiques et économiques doit contenir des messages clairs de valorisation de l'éducation et de la reconnaissance de cette formation comme moyen prioritaire de développement de la société québécoise et des personnes qui la composent. Il est également essentiel que ces messages soient relayés par les parents et par l’environnement non scolaire des jeunes. Ce sont là des conditions à réunir pour assurer la réalisation de la finalité sociale que représente la réussite éducative de chaque jeune Québécois et Québécoise.

Panorama • Volume 7, numéro 2 • Juin 2002

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