Conseil supérieur de l'éducation
 
Fin de mandat à la présidence du Conseil

 

par Céline Saint-Pierre,
présidente

Arrivée à la présidence du Conseil le 4 janvier 1997, je quitterai bientôt cette fonction, soit au moment où le Conseil des ministres aura procédé à une nouvelle nomination à ce poste. J’ai accepté ce mandat il y a cinq ans avec un grand enthousiasme qui ne m’a pas quittée un instant depuis. Je suis mieux à même, grâce à l’expérience que je viens de vivre au sein du Conseil, de témoigner non seulement de l’importance, mais aussi de la pertinence pour le gouvernement et la société québécoise de cette fonction conseil en éducation.

Jouissant d’une autonomie complète dans la préparation de ses avis et de ses recommandations au ministre, le Conseil s’inscrit dans le processus démocratique de prise de décision politique par l’exercice du pouvoir qui lui est dévolu, qui est un pouvoir d’influence. Cette influence du Conseil tient à plusieurs éléments. Il en est deux qui sont incontournables pour la réalisation de sa mission. Le premier est sa capacité de témoigner avec précision et objectivité des préoccupations du milieu de l’éducation. Le second est la qualité de son analyse, animée par un esprit critique et constructif, qui vient appuyer ses recommandations au ministre de l’Éducation en vue de l’éclairer dans sa prise de décision en matière de politiques éducatives. Je crois que le Conseil est en mesure de répondre aux exigences de sa mission grâce au mode de composition de ses instances et surtout grâce à la qualité de l’implication de ceux et celles qui en sont membres et de leur engagement responsable à remplir leur devoir au regard de la mission de l’organisme. Je tiens ici à remercier tous ceux et celles qui en ont été membres au cours de mon mandat et à leur dire toute mon appréciation pour le travail qu’ils ont accompli, compte tenu des exigences que cela représentait pour chacun d’eux.

Le Conseil en tant qu’organisme tire sa crédibilité de celle de ses membres, comme nous venons de le mentionner, mais aussi de la pertinence des thèmes qui font l’objet des avis qu’il remet au ministre dans le cadre de son mandat d’initiative. En cela notre responsabilité est grande. Et ce fut pour moi une préoccupation constante de m’assurer que nous avions fait les meilleurs choix au regard de la conjoncture de l’éducation au Québec et ailleurs, et que nous avions utilisé le plus judicieusement possible les ressources humaines et matérielles qui nous étaient consenties par le gouvernement. À cet égard, il me faut remercier toute l’équipe de la permanence du Conseil qui m’a appuyée sans réserve dans l’exercice de mes fonctions et qui m’a permis de m’en acquitter de mon mieux.

J’ai donné beaucoup d’importance à la diffusion des avis du Conseil et je me suis employée à les faire connaître, dans la mesure de ma disponibilité, dans les différents ordres d’enseignement et milieux de l’éducation par des conférences, des participations à des colloques et à des congrès, une présence dans les médias. La création de notre site Internet et de notre bulletin Panorama, de même que la publication d’abrégés de nos avis me sont apparus comme autant de moyens de mieux faire connaître la pensée du Conseil et de la communiquer aux milieux mêmes qui l’ont alimentée.

En tant qu’organisme gouvernemental, le Conseil est tenu dorénavant de préparer un Plan stratégique pluriannuel et de présenter un rapport de gestion axé sur les résultats de son travail. Cela suppose un changement dans ses façons de faire, et le Conseil s’est engagé dans cette voie. Cependant, il a voulu donner des assises solides aux changements demandés en évaluant l’ensemble de ses processus de travail, de même que les façons d’améliorer la production et les produits qui découlent de sa mission. C’est là une façon de reprendre à son compte une démarche qu’il avait proposée pour l’ensemble du système d’éducation dans son rapport annuel 1998-1999 intitulé L’évaluation institutionnelle en éducation : une dynamique propice au développement. Il lui faudra se donner les moyens et le temps de bien réussir cette démarche, puisque la conviction du bien-fondé de ses objectifs est chose acquise.

Je conclus de mon passage au Conseil en tant que présidente qu’il faut faire en sorte que celui-ci ne perde jamais de vue le sens premier de sa mission et les principes qui l’animent. Qu’il soit soucieux de la qualité et de la rigueur de la réflexion qu’il propose, qu’il ait un regard lucide sur l’évolution du système d’éducation au Québec et dans le monde, qu’il conserve son indépendance à l’égard de tout groupe de pression. Qu’il assume avec courage son pouvoir d’influencer l’orientation des politiques et des pratiques éducatives dans le but ultime de contribuer au développement d’une société qui soit fondée sur l’équité et la justice sociale, la démocratie et le bien-être de chaque individu, autant de composantes du projet d’éducation à la citoyenneté qu’il a formulé pour l’école québécoise.

Panorama • Volume 7, numéro 1 • Février  2001

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