Conseil supérieur de l'éducation
 
Lancement du RAPPORT ANNUEL 2000-2001 sur l'état et les besoins de l'éducation

 

Le tout dernier rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation, intitulé La gouverne de l’éducation : logique marchande ou processus politique?, a été rendu public par la présidente du Conseil supérieur de l’éducation, Mme Céline Saint-Pierre, le 13 décembre dernier, à Montréal.

Le Conseil y amorce une réflexion sur le rôle de l’État en éducation qui se poursuivra sur deux ans. Après un retour historique sur l’intervention de l’État, du Régime français jusqu’à aujourd’hui, il aborde la conjoncture actuelle, caractérisée par la mondialisation et l’émergence de la société du savoir, dans laquelle évolue maintenant la société québécoise. Le Conseil réaffirme le rôle de l’État en matière d’éducation et l’enrichit de deux nouvelles fonctions.

Un consensus clair : l’éducation est un bien public

De l’ensemble des consultations faites par le Conseil émergent plusieurs propositions qui impliquent des modifications à la façon d’agir de l’État, mais peu de voix préconisent une privatisation de l’éducation ou une réduction du rôle de l’État. C’est pourquoi le Conseil affirme que la question du rôle de l’État en éducation doit être considérée sous l’angle du processus politique dans une société démocratique.

Plusieurs raisons sous-tendent cette affirmation. D’une part, ce choix répond à l’impératif de responsabilité et de contrôle démocratique de l’éducation, considérée comme un bien d’intérêt commun. D’autre part, selon le Conseil, seul le processus politique peut faire en sorte que le système d’éducation satisfasse aux exigences de cohérence et de cohésion nécessaires à sa qualité, à sa pertinence et à son efficacité. Lui seul enfin peut assurer que le système d’éducation reflétera les valeurs fondamentales de la société et les grands enjeux auxquels elle doit faire face.

De nouvelles fonctions pour l’État

Le Conseil soumet cinq propositions au ministre d’État à l’Éducation et à l’Emploi. Trois d’entre elles touchent des fonctions déjà assumées par l’État : l’organisation et l’architecture du système d’éducation, le financement de l’éducation et la gouverne générale du système. Deux autres tendent à confier à l’État de nouvelles fonctions.

D’abord, le Conseil propose la mise en place d’un cadre d’adaptation et de renouvellement permanents des pratiques éducatives qui accorde une place privilégiée aux organismes de base et à la réalisation d’initiatives d’origine locale. Cela implique l’encouragement et le soutien de nouvelles pratiques pédagogiques et d’initiatives locales, l’évaluation du système, la diffusion d’information concernant les meilleures pratiques éducatives et un processus de révision périodique.

Ensuite, dans l’intérêt du système d’éducation et de ses composantes ainsi que de la qualité du processus de décision politique, le Conseil propose également que soit mise en place une fonction de vigie et de veille portant sur l’évolution des pratiques éducatives dans le monde et des changements de tous ordres susceptibles de les améliorer. La fonction de vigie et de veille doit être publique, c’est-à-dire arrimée aux composantes du système d’éducation de même qu’au processus de décision politique en matière d’éducation.

Ces propositions formeront la toile de fond du prochain rapport annuel 2001-2002 du Conseil qui portera sur les orientations et les priorités en éducation. La présidente du Conseil a dit souhaiter que ces propositions stimulent la réflexion au sein de la société québécoise.

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Panorama • Volume 7, numéro 1 • Février 2002

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