Conseil supérieur de l'éducation
 
L'organisation DU PRIMAIRE en cycles d'apprentissage : de multiples facettes à examiner

 

Le Conseil supérieur de l’éducation confiait, en février 2001, à la Commission de l’enseignement primaire, le mandat de préparer un avis portant sur l’organisation du primaire en cycles d’apprentissage.

 

Une réforme attentive aux rythmes d’apprentissage des élèves

L’organisation en cycles d’apprentissage au primaire constitue un des dispositifs de la réforme qui vise la réussite éducative. Cette mesure s’appuie sur le fait que les enfants apprennent différemment les uns des autres et selon des rythmes propres à chacun d’eux. Les résultats de la recherche sur le sujet montrent que les élèves réussissent mieux en classe s’ils évoluent dans un contexte respectueux de leur mode et de leur rythme d’apprentissage. En proposant des découpages de la vie scolaire qui se veulent plus attentifs aux rythmes d’apprentissage des enfants, la réforme donne au milieu scolaire un moyen de lutter contre l’échec scolaire.

Plus qu’une simple mesure administrative, l’organisation par cycles d’apprentissage a des impacts majeurs sur le travail enseignant car, d’une certaine manière, elle repose sur la différenciation pédagogique comme fondement philosophique de l’éducation.

Cette nouvelle façon de voir l’organisation scolaire interpelle les milieux scolaires parce que, entre autres, le rôle des uns et des autres s’en trouve modifié. En effet, dès qu’il est question de cycles d’apprentissage échelonnés sur plus d’une année, apparaît l’exigence d’un travail plus flexible, plus souple, moins cloisonné, fondé davantage et de façon plus systématisée sur l’autonomie des enseignants, le travail coopératif et la responsabilité collective des apprentissages et des résultats.

Le défi pour tous les acteurs impliqués est de construire un modèle d’organisation scolaire cohérent alors que plusieurs de ses éléments sont encore à explorer et à définir de manière précise. Cette démarche suscite donc de nombreux questionnements et comporte un certain nombre d’écueils.

 

Les travaux de la Commission

Au cours des prochains mois, la Commission de l’enseignement primaire s’attardera à identifier les véritables gains pédagogiques de ce nouveau type d’organisation, soulèvera les problèmes inhérents à une telle mesure et proposera des pistes de réflexion et de solution à des questionnements importants. Parmi ceux-ci, la question du redoublement occupera une place toute particulière dans la démarche de la Commission.

La Commission tentera également de déceler et de documenter ce qui pourrait constituer des écueils du nouveau mode d’organisation par cycles d’apprentissage, par exemple, le regroupement des élèves d’un même cycle en groupes fort, moyen, faible ou encore le développement de pratiques s’apparentant à ce qu’on pourrait qualifier de nivellement par le bas.

Dans ses travaux, la Commission identifiera les sphères d’activités affectées par l’organisation par cycles d’apprentissage comme le rôle des acteurs scolaires, élèves, enseignants, directions, ou encore les changements sur les plans de la pédagogie, de l’évaluation des apprentissages, de la responsabilité collective des résultats, et de l’appropriation d’un rapport nouveau au temps.

La Commission formulera ensuite des pistes d’intervention qui feront en sorte que, malgré les nombreux changements qui découlent de l’organisation par cycles d’apprentissage, son implantation se fasse avec succès. En plus de s’appuyer sur une analyse documentaire et sur la consultation d’experts, la Commission de l’enseignement primaire multipliera les rencontres avec les acteurs scolaires qui sont touchés par cette nouvelle organisation.

Le Conseil présentera cet avis au ministre de l’Éducation à l’automne 2002.

Panorama • Volume 6, numéro 3 • Novembre 2001

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