Conseil supérieur de l'éducation
 
INTERNATIONALISATION de la formation en enseignement supérieur

 

par Céline Saint-Pierre,
présidente du Conseil

Les processus d'intégration des Amériques et de mondialisation situent différemment la place de l'internationalisation de la formation et de la mobilité académique des étudiants et des professeurs dans la mission et les pratiques des établissements d'enseignement supérieur. En conséquence, ces établissements sont appelés à se doter de politiques institutionnelles propres afin de bien marquer la perspective et les encadrements nécessaires pour guider leurs pratiques. L’examen de la situation des universités québécoises montre que plusieurs d’entre elles travaillent actuellement à leur élaboration. Certaines sont à revoir leurs programmes de premier cycle et d’études supérieures afin d’y intégrer un profil international qui soit harmonisé avec les objectifs de formation de chacun de leurs programmes. Est aussi recherchée une certaine réciprocité dans les échanges entre les étudiants des universités québécoises et ceux d'universités américaines ou d'Amérique du Sud, une réciprocité qui fasse appel aux expertises complémentaires des partenaires concernés. Il ne faut pas se cacher, par ailleurs, que la capacité d’attirer des étudiants dans ces types d'échanges repose en très bonne partie sur la qualité de la formation proposée. L’évaluation des programmes prend ici une nouvelle facette en tant qu'outil de faire-valoir des universités.

L'évaluation de la qualité de l'enseignement supérieur devra donc aussi porter sur le volet de l’internationalisation des programmes et sur les formes d’encadrement des étudiants qui s’y inscrivent. Il serait fort pertinent et souhaitable que des collaborations puissent s’établir entre des établissements d’enseignement du Nord et du Sud pour développer des principes et des outils d’évaluation qui soient validés et reconnus par l’ensemble des institutions conscientes de l'importance de conserver, dans ce contexte de libéralisation des services d'éducation, la maîtrise de l'évaluation de la qualité de l’enseignement supérieur, et ce, dans le respect des spécificités culturelles de chaque pays.

Faudra-t-il faire appel à un nécessaire changement de culture afin que les établissements d'enseignement supérieur s'approprient les opportunités que présentent la mondialisation et l’intégration régionale des Amériques, sans tomber dans les pièges qu’elles comportent? Est ici requise une éducation à des valeurs qui misent sur l'enrichissement interculturel et la coopération définie comme échange de réciprocité dans ce nouvel espace régional en construction. Cependant, et le constat est majeur, ce changement de culture ne sera ni suffisant ni efficace si les États nationaux et les gouvernements des Amériques n’inscrivent pas les perspectives dont nous venons de faire état, à la fois dans leur politique en éducation et dans leur politique économique si fortement interpellées par les intérêts économiques qui dominent actuellement au sein du mouvement de globalisation et de continentalisation de l’espace géopolitique des Amériques. En conséquence, il m'apparaît crucial que les institutions d'enseignement supérieur puissent se faire entendre auprès de leur État respectif sur la base de certains consensus établis entre elles au préalable afin d'exiger que soit connue et débattue démocratiquement toute entente qui pourrait se négocier à la table des chefs d'État concernant l'éducation, et plus particulièrement l'enseignement supérieur, et qui serait susceptible de faire partie des accords de la Zone de libre-échange des Amériques et de l'ALENA.

Panorama • Volume 6, numéro 3 • Novembre 2001

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