Conseil supérieur de l'éducation
 
Comité catholique : L'AVENIR de la religion à l'école

par Guy Côté,
président du Comité catholique

Depuis la création du Conseil supérieur de l’éducation et des comités confessionnels en 1964, la question de la place de la religion à l’école a donné lieu à beaucoup de recherches, de débats et de créativité dans l’ensemble du réseau scolaire. Au cours des dernières années, l’établissement de commissions scolaires linguistiques, l’amendement de l’article 93 de la Constitution canadienne et enfin l’adoption de la loi 118 ont profondément modifié l’environnement juridique et institutionnel de l’éducation religieuse scolaire.

La portée réelle des transformations récentes demeure difficile à apprécier. Pour certains, elles risquent de conduire à l’évacuation de tout enseignement religieux de l’école, tandis que pour d’autres, ces réformes pourraient donner lieu à un nouveau départ dans un climat plus serein. Sans minimiser les risques réels de fragilisation, le Comité catholique a choisi d’adopter une approche constructive à l’égard des évolutions en cours, comme en témoignent ses dernières publications : Renouveler la place de la religion à l'école (octobre 1999), Le nouvel horizon de l'éducation religieuse à l'école (août 2000) et, en collaboration avec le Comité protestant, Une place nouvelle pour la religion à l'école (septembre 2000). Parmi les différents partenaires de l’éducation religieuse à l’école, nombreux sont également ceux et celles qui se montrent déterminés à tirer le meilleur parti possible des nouvelles dispositions de la loi.

 

Des conditions et des moyens

L’engagement au service de l’éducation morale et spirituelle des jeunes ne pourra cependant se poursuivre sans un certain nombre de conditions et de moyens. Parmi ceux-ci, il faut mettre au premier rang le maintien d’un temps suffisant pour l’enseignement moral et religieux, et des mesures appropriées quant à la formation et au perfectionnement des maîtres. Ces deux facteurs sont d’ailleurs liés à certains égards : une réduction excessive du temps d’enseignement, surtout au secondaire, aurait un impact si négatif sur la tâche des enseignants concernés que cela rendrait problématique le développement d’une relève professionnelle. On peut facilement imaginer les conséquences qui pourraient s’ensuivre pour la survie de quelque enseignement moral et religieux que ce soit.

La mobilisation des énergies autour des réformes en cours suppose certaines conditions de stabilité. En ce qui a trait à l’enseignement religieux, de nouveaux programmes d’études sont en voie d’implantation et d’autres devront être élaborés en éthique et culture religieuse; il faudra préparer des instruments didactiques, repenser la formation des maîtres, assurer un soutien professionnel au personnel enseignant. Quant au service d’animation spirituelle et d’engagement communautaire, on devra lui assurer la disponibilité d’un personnel compétent, l’appui des diverses confessions religieuses et la confiance des parents. Comment faire droit à toutes ces exigences sans pouvoir compter sur un horizon de temps suffisant ? L’avenir de la religion à l’école relève d’un choix de société. Un tel choix vient de s’exprimer par la voie de l’Assemblée nationale, à la suite d’un exercice hautement démocratique. Il paraîtrait raisonnable de penser que ce choix repose sur des considérations assez solides pour durer un bon moment.

 

Post-scriptum

Au moment où ce bulletin sera publié, le Comité catholique du Conseil supérieur de l’éducation aura terminé son mandat. Par ses travaux, le Comité a voulu contribuer de diverses manières à l’évolution et au développement du système d’éducation au Québec. Il a toujours cherché à concilier les attentes et les besoins de la population catholique, qu’il avait la responsabilité de faire valoir auprès du gouvernement, avec l’intérêt public, le respect des droits et l’évolution des mentalités. Ce sera maintenant au Comité sur les affaires religieuses de prendre la relève dans un cadre redéfini. Au nom du Comité catholique, je formule les vœux les meilleurs à l’intention des membres de cette nouvelle instance ainsi que de tous les artisans présents et futurs de l’éducation morale et religieuse des jeunes.

 

Panorama • Volume 5, numéro 3 • Novembre 2000

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