Conseil supérieur de l'éducation
 
La reconnaissance des acquis, UNE RESPONSABILITÉ POLITIQUE ET SOCIALE

 

Dans un avis rendu public en juin, en présence d'une centaine de personnes réunies au Centre Saint-Pierre, à Montréal, le Conseil supérieur de l'éducation demande à l'État québécois, aux partenaires du marché du travail, aux ordres professionnels, ainsi qu'aux institutions d'enseignement secondaire, collégial et universitaire, de mettre en commun et d'arrimer progressivement leurs systèmes respectifs de reconnaissance des acquis.

À ses yeux, la question de la reconnaissance des acquis doit passer d'un statut essentiellement technique à celui d'enjeu politique, social et économique important et constituer une pièce maîtresse de la politique gouvernementale de la formation continue en préparation. La formation continue doit en effet reposer sur une reconnaissance crédible des connaissances et des compétences des personnes, qu'elles aient été acquises dans le réseau scolaire ou hors de celui-ci, au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde.

 

Un droit pour les individus

Pour le Conseil supérieur de l'éducation, toute personne a droit à la reconnaissance sociale de ses acquis, que ce soit pour accéder à des études ou à une fonction de travail. Elle ne devrait pas avoir à réapprendre ce qu'elle sait déjà, quels qu'aient été les lieux, les circonstances ou les méthodes d'apprentissage. Il lui incombe, en contrepartie, de fournir la preuve de ses acquis. Les critères qui président à la reconnaissance des acquis doivent, quant à eux, être explicites et transparents.

C'est à la lumière de ces principes que le Conseil analyse les modalités de reconnaissance des acquis en place dans le réseau de l'éducation. Il en ressort une volonté inégale des établissements et des lacunes importantes dans l'organisation des services. Ainsi le système d'éducation est-il généralement peu enclin à reconnaître les compétences des personnes acquises en cours d'emploi.

Aux obstacles auxquels sont confrontés tous les adultes, s'en ajoutent d'autres pour les personnes immigrantes quand il s'agit de faire reconnaître des études hors du Québec ou des acquis extrascolaires : manque d'information sur les conditions d'exercice des métiers et professions, manque de familiarité avec les équipements utilisés, manque de maîtrise du français ou de l'anglais.

 

Une responsabilité de l'État

Le Conseil supérieur de l'éducation constate aussi l'existence de voies parallèles de reconnaissance de la qualification de la main-d'œuvre (programmes d'études, cahiers de normes professionnelles), dont il craint qu'elles ne deviennent étanches et tentent de s'ériger en monopoles.

Signalant que la société québécoise n'a ni l'intérêt ni les moyens d'élaborer deux systèmes parallèles, le Conseil demande à l'État de prendre les mesures nécessaires pour que les différents ministères (Éducation, Emploi-Québec, Relations avec les citoyens et Immigration), les établissements d'enseignement, ainsi que les employeurs, puissent reconnaître les titres émis en dehors de leur responsabilité respective. Il recommande à cet égard l'établissement de « passerelles » entre les systèmes de reconnaissance des acquis et la constitution d'un répertoire national des compétences, exigeant la mise en relation des « référentiels » existants.

Le Conseil demande au ministre de l'Éducation de prendre l'initiative de la constitution et de la mise à jour de ce répertoire de compétences et de convenir avec la ministre responsable d'Emploi-Québec des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

 

Panorama • Volume 5, numéro 3 • Novembre 2000

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