Conseil supérieur de l'éducation
 
Comité catholique : À la recherche d'un PACTE social

par Guy Côté,
président du Comité catholique

Il est encourageant de constater les convergences qui se dessinent à la suite des travaux de la Commission parlementaire sur la place de la religion à l’école. Par exemple, on tient de part et d’autre à respecter les droits fondamentaux, à distinguer la mission de l’école de celle des communautés croyantes, à favoriser la compréhension mutuelle entre élèves de convictions philosophiques ou religieuses différentes. La déconfessionnalisation des écoles publiques et des structures gouvernementales est de plus en plus envisagée comme possible, moyennant des garanties suffisantes quant aux services d’éducation religieuse.

L’atteinte d’un pacte social sur la place de la religion à l’école est éminemment souhaitable à plus d’un titre : les jeunes ont droit, en cette matière comme en toute autre, à des services clairement définis et adéquatement soutenus; les parents et les personnels scolaires ont besoin de savoir à quoi s’en tenir; les minorités religieuses s’attendent à être reconnues de façon équitable. Des pas importants ont déjà été faits vers un rapprochement des points de vue. Il devrait être possible de progresser encore sur cette voie dans la mesure où les uns et les autres se sentiront respectés dans leurs droits et leurs attentes légitimes, tout en acceptant de ne pas considérer leur vision comme la seule admissible.

 

Diversité et flexibilité

La place de la dimension religieuse dans la formation globale des jeunes est largement reconnue. La question qui demeure concerne la manière de l’intégrer dans la mission éducative de l’école. De nombreux groupes entendus en commission parlementaire ont affirmé que l’enseignement religieux doit permettre aux jeunes d’explorer leur tradition d’origine et de poursuivre leur recherche existentielle de sens et d’espérance. D’autres préféreraient que l’école s’en tienne à une initiation culturelle à la diversité religieuse, qui adopterait l’approche des sciences humaines. Un accord n’a pas été atteint sur la manière de mieux reconnaître les droits des minorités religieuses.

L’esprit de tolérance et le respect de la liberté de conscience exigeront nécessairement une part de diversité et de flexibilité dans les aménagements qui seront éventuellement mis en place. Par exemple, il faudra sans doute trouver une façon de satisfaire à la fois la demande d’un enseignement de type confessionnel et celle d’une approche historique ou sociologique du fait religieux. Conformément à l’économie générale de la réforme en cours, il sera également important de laisser une certaine marge de manœuvre à l’intérieur des programmes d’études pour que les écoles puissent offrir des services correspondant à la composition et aux attentes particulières de leur milieu. On l’a entendu plusieurs fois en commission parlementaire : toute solution « mur à mur » serait vouée à l’échec. La cohérence du système ne peut se fonder sur la négation de la vie et de sa complexité.

 

Rigueur et profondeur

Les décisions éventuelles quant à la place de la religion à l’école pourront rallier d’autant plus de monde qu’elles reposeront sur des fondements solides et sur des objectifs éducatifs et sociaux clairement identifiés. Un choix de société aussi crucial que celui que s’apprête à faire le Québec demande plus qu’une approche purement gestionnaire. Il exige aussi que l’on soit prêt à dépasser certaines idées trop facilement reçues, par exemple au sujet d’une prétendue opposition entre religion et modernité, ou entre les identités culturelles ou religieuses et l’ouverture à l’universel et aux valeurs communes. L’esprit de souplesse et de flexibilité ne seraient qu’une bien précaire concession à l’esprit du temps sans un effort de rigueur dans la pensée.

 

Panorama • Volume 5, numéro 1 • Février 2000

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