Conseil supérieur de l'éducation
 
Comité catholique : Pour une école plurielle et conviviale

par Guy Côté,
président du Comité catholique

 

Le Comité catholique a rendu public, le 26 octobre dernier, un avis au ministre de l’Éducation intitulé Renouveler la place de la religion à l’école. Cet avis préconise des changements importants sur le plan des services d’éducation religieuse aussi bien que des structures scolaires et gouvernementales. Il adopte une perspective éducative et sociale. Il présente la raison d’être de la religion à l’école en lien avec le développement de la culture et de la société québécoises aussi bien qu’avec les besoins de formation et d’accompagnement des jeunes d’aujourd’hui.

 

L’expérience européenne

L’avis du Comité catholique contient également une étude des diverses façons dont les systèmes d’éducation européens font place à la religion à l’école. Dans la majorité des démocraties occidentales, les traditions chrétiennes font l’objet d’un enseignement spécifique, orienté vers la recherche d’un sens spirituel à l’existence. Certains pays comme la Hollande misent sur la reconnaissance de la diversité, y compris par l’établissement d’écoles à base religieuse, comme plus favorable à l’intégration culturelle que le nivellement des différences ou la marginalisation dans le domaine privé. D’autres, comme la Belgique, font un choix semblable en offrant une diversité d’enseignements religieux dans l’école publique. L’une et l’autre expérience attestent la compatibilité de telles politiques avec la convivialité sociale. Même en France, où la tradition républicaine tend à faire voir l’école comme « le foyer d’apprentissage décisif du dépassement des particularités », on conçoit de plus en plus que celles-ci, y compris les diverses options morales et spirituelles, doivent trouver leur place et leur expression dans l’espace public en général et dans l’école en particulier. (Voir : Marcel Gauchet, «Penser le pluralisme», Le Monde de l’éducation, mai 1999, p. 37.)

 

Diversité religieuse et cohésion sociale

En définitive, il ne paraît pas nécessaire de considérer les particularismes culturels et religieux comme une menace au lien social. La possibilité d’en arriver à une solution adaptée à la réalité québécoise est justement associée à ce défi de trouver un équilibre satisfaisant entre la reconnaissance de la diversité religieuse et la recherche de cohésion sociale. Comme d’autres, le Comité catholique estime qu’il est souhaitable et possible d’étendre à diverses confessions le droit à un enseignement relié à leur tradition dans le cadre de l’école publique, moyennant certaines conditions précises applicables à toutes les confessions. Le Comité croit en même temps nécessaire que l’école favorise l’apprentissage du vivre ensemble dans une démocratie pluraliste et démontre, dans son avis, que ces deux objectifs sont de fait conciliables, du point de vue sociologique et pratique.

 

Une interprétation raisonnable du principe d’égalité

Dans le débat actuel sur la place de la religion à l’école, l’obstacle sur lequel bute l’hypothèse d’une extension des droits à d’autres confessions repose sur une interprétation du principe de l’égalité qui obligerait prétendument à reconnaître à toutes les religions l'accès à un enseignement dans l’école publique. Il va de soi que cela équivaudrait à rendre une telle reconnaissance a priori impraticable. Par contre, si l'enseignement de toute religion était assujetti à un certain nombre de conditions que l'État serait justifié et même obligé de fixer, on éviterait les aberrations redoutées.

Dans son avis au ministre de l’Éducation et son mémoire à la Commission parlementaire sur la place de la religion à l’école, le Comité catholique expose les raisons justifiant l’État de fixer des conditions pour qu’une religion fasse l’objet d’un enseignement dans l’école publique. Il indique également les mesures qui pourraient être adoptées pour faciliter la gestion d’une pluralité raisonnable d’enseignements religieux.

 

Panorama • Volume 4, numéro 3 • Novembre 1999

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