Conseil supérieur de l'éducation
 
Pour une MEILLEURE RÉUSSITE SCOLAIRE des garçons et des filles

 

C’est par un ensemble d’actions intégrées dans une démarche globale que le Conseil supérieur de l’éducation propose au ministre de l’Éducation et aux milieux scolaires de s’attaquer dès maintenant aux écarts de réussite entre les garçons et les filles, tant à l’école primaire qu’à l’école secondaire.

En rendant l’avis public, le 13 octobre, à l’école primaire St. Dorothy, de Montréal, la présidente du Conseil, Céline Saint-Pierre, a mis en garde la population contre les explications simples et les solutions unidimensionnelles. «Comme la culture d’une société ne se change pas par décret, il ne faut pas s’attendre à ce que ce plan d’action produise immédiatement tous les effets attendus. Il faut quand même se mettre à la tâche dès aujourd’hui, car cet écart de réussite scolaire entre les garçons et les filles peut avoir des répercussions majeures pour l’avenir de la société québécoise», a-t-elle déclaré.

L’avis d’une centaine de pages tente d’apporter une meilleure compréhension de l’effet de la variable sexe sur la réussite scolaire. Il met de l’avant cinq orientations et plusieurs mesures à court, moyen et long terme pour soutenir les garçons et les filles dans leur cheminement scolaire.

 

Cinq ORIENTATIONS…

 

1. Reconnaître les effets des rôles sociaux de sexe et de la socialisation

Puisque les garçons et les filles présentent le même potentiel intellectuel, le Conseil supérieur de l’éducation explique l’origine de l’écart de réussite scolaire par une série d’influences sociales qui s’exercent différemment selon l’appartenance de l’enfant à l’un ou l’autre sexe. Ces influences proviennent autant du monde adulte que des autres enfants et se présentent sous forme d’attentes de comportements et de rôles sociaux en matière de masculinité et de féminité. Ces facteurs, particulièrement déterminants entre quatre et onze ans, expliquent que les styles d’interaction et les intérêts manifestés par les garçons et les filles ne sont pas les mêmes.

Ainsi, par rapport à l’école, ce qui distingue le plus les garçons des filles est une différence d’attitude. Dès le niveau primaire, les filles aiment généralement plus l’école que les garçons et répondent davantage à ses attentes. Même s’il a l’impression d’être neutre et de n’avoir que des élèves devant lui, le personnel enseignant est lui-même partie prenante de ce processus de socialisation. Aussi le Conseil recommande-t-il que le personnel scolaire soit formé à reconnaître les effets des rôles sociaux de sexe et de la socialisation et que les parents et les élèves eux-mêmes soient sensibilisés à la question.

2. Tenir compte des difficultés éprouvées en langue d’enseignement

Les résultats par matière scolaire montrent qu’il n’y a pas de différence significative en fonction du sexe de l’élève, sauf en lecture et en écriture où l’avance des filles est importante. Ainsi, en 1995, au Québec, 57% des filles de 6e année avaient une compétence suffisante ou supérieure en écriture contre 38% des garçons ; inversement, 21% des filles et 33% des garçons avaient une compétence insuffisante. Ces différences persistent au secondaire.

Le Conseil recommande au ministre de l’Éducation de profiter du renouvellement des programmes en cours pour désexualiser les représentations de la lecture et de l’écriture, associées à des qualités féminines. Il invite aussi les milieux scolaires à favoriser l’apprentissage de la lecture et de l’écriture sous toutes ses formes, notamment en utilisant les nouvelles technologies de l’information et les activités parascolaires. Il souhaite aussi que les garçons et les filles puissent avoir accès à des bibliothèques scolaires de qualité, particulièrement dans les milieux défavorisés.

3. Tenir compte des rythmes de développement

Les garçons se retrouvent plus souvent en retard scolaire que les filles. En 1997-1998 , 25,3% des garçons étaient en situation de retard scolaire à la fin du primaire contre 17,3% des filles. Cet écart s’accroît à la fin du secondaire où 40% des garçons présentent un retard scolaire contre 26,7% des filles. On identifie aussi deux fois plus de garçons que de filles en difficulté d’adaptation et d’apprentissage. Si l’on s’attarde plus particulièrement aux troubles de comportement, on constate qu’il y a 5,5 garçons d’identifiés pour chaque fille au primaire et 4,2 garçons au secondaire.

À cet égard, le Conseil supérieur de l’éducation recommande de revoir le cadre de référence actuel basé sur la concordance des apprentissages de tous les élèves du même âge. Il invite aussi les milieux scolaires à la prudence au sujet des décisions de redoublement. Il suggère des mesures de soutien pédagogique comme solutions de remplacement. Pour le premier cycle du secondaire, il souhaite que de nouvelles pratiques pédagogiques permettent d’offrir d’autres voies que les cheminements particuliers de formation aux élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage.

4. Tenir compte des styles cognitifs

Puisque les élèves n’ont pas la même approche pour emmagasiner et utiliser l’information pour résoudre un problème, le Conseil recommande, pour favoriser une plus grande réussite scolaire des garçons et des filles, que les interventions éducatives prennent en compte la diversité des styles cognitifs.

5. Tenir compte du besoin de donner un sens à sa situation scolaire

En 1997-1998, 41,3% des garçons ont quitté l’école secondaire sans avoir obtenu leur diplôme, contre 26,0% des filles. La probabilité qu’un homme n’obtienne jamais un diplôme d’études secondaires au cours de sa vie s’établissait la même année à 26%, contre 12% pour une femme.

Compte tenu que c’est au secondaire que les décisions qui engagent l’avenir doivent être prises par les jeunes, le Conseil souhaite que l’école devienne davantage «orientante». Il recommande que les élèves disposent des informations nécessaires sur les différents métiers et professions, les possibilités d’emploi, les conditions de travail et les prérequis. Il invite aussi les milieux scolaires à faire mieux ressortir l’utilité concrète des apprentissages dans la vie de tous les jours.

 

Panorama • Volume 4, numéro 3 • Novembre 1999

Document complet (PDF)
Synthèse

Publications

Inscrivez-vous à la liste de diffusion

Processus de nomination des membres

Le Conseil est membre de l'EUNEC

Le 50e anniversaire du Conseil supérieur de l'éducation