Conseil supérieur de l'éducation
 
Recherche, création et formation à l'université: une ARTICULATION à promouvoir à tous les cycles

 

Dans un avis à la ministre de l'Éducation rendu public le 21 avril, à l'Université du Québec à Trois-Rivières, le Conseil supérieur de l'éducation propose de renforcer l'articulation de la recherche ou de la création avec la formation universitaire, et ce, à tous les cycles.

La présidente du Conseil, Céline Saint-Pierre, a déclaré que les objectifs généraux de chacun des cycles d'enseignement et de chaque programme doivent réaffirmer l'importance de la recherche et de la création comme composantes essentielles de la formation. Madame Saint-Pierre invite, en conséquence, le milieu à tout mettre en œuvre pour atteindre l'équilibre entre l'enseignement et la recherche, tant dans la formation des étudiantes et étudiants que dans la mission de l'université. La ministre de l'Éducation, pour sa part, est invitée à soutenir le milieu dans l'atteinte de cet objectif.

 

Une remise en question d'idées généralement admises

Si cette idée d'articulation entre la recherche et la formation est acquise aux deuxième et troisième cycles, il en va tout autrement pour le premier cycle. Le Conseil supérieur de l'éducation a dû remettre en question quelques idées généralement admises à ce sujet et véhiculées dans plusieurs études et rapports.

La perception du glissement majeur de l'enseignement vers la recherche, par exemple, est nourrie par des cas de professeurs-étoiles libérés de leurs charges d'enseignement pour se consacrer exclusivement à la recherche. Le Conseil estime que cette impression fort répandue doit être nuancée, puisque la très grande majorité des professeurs réguliers intervient au premier cycle.

Tout en saluant l'engagement récent des universités francophones en recherche, le Conseil attribue la perception de sa « trop grande valorisation » à la présence de forces externes qui en déterminent largement les objectifs, les règles et les conditions de réalisation. Le Conseil signale cependant certains effets pervers de cette situation : trop grande importance accordée à la production de connaissances sans préoccupation de formation, trop forte pondération des activités de recherche dans les critères de sélection ou de promotion des professeurs, affectation d'étudiantes et d'étudiants de cycles supérieurs à des tâches peu complexes ne répondant pas à leurs besoins de formation, etc.

 

Une articulation dès le premier cycle

Le Conseil supérieur de l'éducation croit qu'il est pertinent d'articuler la recherche avec la formation dès le premier cycle. Cette formation à la recherche, prenant en compte la culture de chaque discipline, doit permettre le développement d'habiletés préalables à l'exercice de la recherche (approches méthodologiques, éthique, rigueur, esprit critique, esprit de découverte, etc.) et préparer l'étudiante et l'étudiant aux nouvelles exigences du marché du travail.

Le Conseil recommande, par ailleurs, une meilleure harmonisation des ordres d'enseignement collégial et universitaire ainsi que des cycles universitaires, en vue d'établir une meilleure progression des apprentissages liés à la recherche. Le Conseil souhaite la mise sur pied d'environnements de recherche ou de création qui favorisent la formation des étudiantes et des étudiants à chacun des cycles.

 

Une contribution au débat

La présidente du Conseil supérieur de l'éducation espère que la réflexion proposée dans cet avis d'une centaine de pages éclaire les débats qui auront cours prochainement dans le cadre de la consultation sur la politique gouvernementale à l'égard des universités québécoises. Rappelons que la ministre de l'Éducation a rendu public en février un document de consultation intitulé L'université devant l'avenir.

Panorama • Volume 3, numéro 2 • Mai 1998

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