Conseil supérieur de l'éducation
 
Projet de cégep à L’Assomption

AVIS DÉFAVORABLE

Le Conseil supérieur de l'éducation recommande à la ministre de l'Éducation, madame Pauline Marois, de ne pas donner suite au projet de conversion de la section collégiale du Collège de L'Assomption en cégep public autonome. Cette annonce a été faite, le 2 mai, dans la région de Lanaudière, par la vice-présidente du Conseil, Judith Newman, qui a présidé le comité chargé d'examiner la question. Ce comité comprenait aussi : M. Bernard Martel, professeur au Collège de l'Abitibi-Témiscamingue et membre du Conseil supérieur de l'éducation; M. Michel Toussaint, directeur général du cégep de La Pocatière; et M. Jocelyn Vallée, directeur général du cégep de Sherbrooke.

Avant de donner suite, par ailleurs, à tout autre projet impliquant la création d'un centre d'études collégiales ou d'un campus dans le sud de Lanaudière, le Conseil recommande que l'on procède à des études plus poussées des besoins de formation actuels et futurs de la région.

En matière d'actions à privilégier pour que l'enseignement collégial participe au développement de la région, le Conseil fait appel à une plus grande concertation des établissements collégiaux publics et privés, commissions scolaires, MRC, municipalités, organismes communautaires et économiques. Cette concertation pourrait notamment se manifester autour de la voie du centre intégré de formation professionnelle et technique, de l'amélioration du transport en commun conduisant aux cégeps et d'ententes pour le développement de points de service de formation collégiale dans la région.

 

Des raisons importantes pour ne pas créer un nouveau cégep

Après avoir consulté en mars 22 organismes régionaux et nationaux désireux de s'exprimer sur la question et avoir examiné toute la documentation disponible, le Conseil reconnaît que certains facteurs, dont le bassin de population et la clientèle potentielle, indiquent qu'il pourrait être pertinent de créer un cégep dans le sud de Lanaudière.

Mais des raisons importantes l'incitent à ne pas recommander la création d'un nouveau cégep, notamment :

  • l'absence de consensus régional concernant le scénario de développement d'un cégep. La simple conversion du Collège de L'Assomption en cégep met l'accent sur la formation préuniversitaire, alors que presque tous les intervenants insistent sur les besoins en formation technique;
  • malgré les distances et le temps de transport, les taux de passage et d'admission au collégial des finissants du secondaire sont comparables à ceux de l'ensemble du Québec;
  • l'offre de formation et la capacité d'accueil des cégeps environnants (rayon de 50 kilomètres) sont suffisantes;
  • l'impact prévisible de la création d'un cégep sur la clientèle et les programmes des cégeps environnants;
  • les coûts (bâtiments et infrastructures administratives).

Le Conseil supérieur de l'éducation estime qu'il importe de déterminer clairement les priorités, particulièrement dans l'état actuel des finances publiques. « Le Conseil croit qu'il faut plutôt investir dans les services directement liés au cheminement des étudiantes et étudiants, afin de favoriser la réussite du plus grand nombre », a conclu madame Newman.

 

Panorama • Volume 1, numéro 1 • Mai 1996

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